
Joseph Kabila n’a pas seulement parlé. Il a aussi fait parler. Le premier discours de l’ancien Président de la République depuis son départ du fauteuil présidentiel, en janvier 2019, a provoqué une forte agitation dans l’opinion publique en général. Après la prise de parole de Joseph Kabila Kabange, plusieurs partis et structures n’ont pas gardé la bouche cousue.
C’est le cas de la Force grise pour la démocratie et le progrès social -FGDPS. À la faveur d’un point de presse du mardi 27 mai 2025 à Kinshasa, capitale de la RD-Congo, cette structure affirme que l’ancien Chef de l’État est «responsable des désordres actuels qui secouent le pays».
«La Force grise pour la démocratie et le progrès social a suivi avec regret la récente sortie médiatique du sénateur à vie, présentée comme une adresse à la nation, et tient à rappeler que, selon les usages républicains, seul le Président en exercice, conformément à l’article 77 de la Constitution, est habilité à s’adresser à la nation par des canaux officiels. En réalité, dans cet exercice auquel il s’est adonné, le sénateur à vie s’adressait à ses militants et sympathisants, ce qui n’a rien à voir avec la nation tout entière. La FGDPS constate avec indignation que le sénateur à vie s’illustre à l’égard des affaires de l’État comme un monarque qui se convainc de détenir un pouvoir sacré hérité d’un ascendant, qu’il peut donner à qui il veut et le reprendre quand il veut, tout cela faisant fi du souverain primaire, le détenteur attitré du pouvoir», a déclaré Charly Noël Mwela, président de la FGDPS.
Et d’ajouter: «lorsque le sénateur à vie affirme avoir laissé un pays pacifié et réunifié, devons-nous lui rappeler qu’avant son arrivée, en 1996, dans le rang du mouvement rebelle AFDL dirigé par son mentor, le Major James Kabarebe, soutenu par le Rwanda et l’Ouganda, notre pays, surtout dans sa partie Est, vivait dans une paix relative, ne comptant quasiment pas autant de groupes armés qu’on en a comptés après son départ du pouvoir en 2018. Il va sans dire que ce pacif douloureux tire sa source du mouvement rebelle AFDL, précurseur de tous les groupes armés et des mouvements rebelles, notamment le RCD, le CNDP, le M23, devenu aujourd’hui l’AFC M23, dont il est le patron à mal de déguisement. La Force grise pour la démocratie et le progrès social note simplement une mauvaise réécriture de l’histoire à ce propos, alors que la réalité est telle qu’à l’Est de la République démocratique du Congo, il y avait en proie à des conflits armés chroniques avec la présence documentée de plus de 120 groupes armés durant les 18 ans de son règne».
À l’en croire, après les élections de décembre 2018, le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo travaille comme un malade afin d’apurer ce lourd passif de plus de 30 ans dont il a hérité de la mandature passée. Créée en octobre 2018, la FGDPS a pour objectif primordial de constituer une véritable pépinière de cadres compétents pour l’Union pour la démocratie et le progrès social -UDPS-, le parti au pouvoir.