
José Makila Sumanda, président du parti ATD et cadre de la coalition «Sauvons le Congo» de Joseph Kabila, a publié lundi une tribune intitulée «J’accus ». Il y dénonce l’ingérence d’acteurs politiques dans les affaires de l’Église protestante.
Dans ce texte, il exprime son «inquiétude» après l’arrivée d’un acteur politique à la tête d’une importante organisation des laïcs protestants. Selon lui, certaines prises de position qui engagent la communauté chrétienne «s’éloignent de sa vocation première».
José Makila salue l’«intégrité, la probité morale et le sens des responsabilités» du Pasteur Président Bokundoa, pour lequel il dit avoir «beaucoup de respect». Mais il estime que «des influences extérieures cherchent aujourd’hui à orienter l’Église vers des choix qui ne correspondent ni à sa mission ni à son héritage».
Sans le nommer, il désigne «l’homme qui tire les ficelles» comme un acteur public dont le «parcours politique a souvent été marqué par des revirements spectaculaires, des calculs personnels et des ambitions qui ont trop souvent pris le pas sur l’intérêt général».
L’auteur de la tribune met en garde contre l’utilisation des «serviteurs de Dieu comme instruments de combats politiques». Il appelle l’Église à rester la «conscience morale de la nation, non devenir l’otage des ambitions individuelles».
S’adressant aux «pères spirituels protestants», Makila lance un «appel fraternel» à rester fidèles à leur «mission prophétique» de défense de la vérité, de la justice et de la dignité humaine «sans distinction ni calcul politique».
Il estime enfin que la position récemment annoncée «ne reflète pas nécessairement l’opinion de l’ensemble des fidèles protestants» et qu’«il n’est jamais trop tard pour réexaminer une décision lorsque l’intérêt supérieur de la nation est en jeu».
