
Le Ministère des Finances sort du silence. Dans un communiqué signé le 7 août par Alain Malata Kafunda, Directeur de cabinet du ministre Doudou Fwamba, Kinshasa publie pour la première fois l’état d’exécution des ressources levées lors de l’émission inaugurale de l’Eurobond. Un exercice de transparence attendu par les investisseurs… et par l’opinion. Au total, 137 894 270,17 de dollars ont été «décaissés au profit de trois projets structurants prioritaires», indique le document. Deux sont détaillés.
Le plus gros morceau va aux infrastructures aéroportuaires: 89 859 233,26 de dollars, soit 65% des décaissements, pour la «modernisation des Aéroports internationaux de N’djili et de Luano». Le second volet concerne l’énergie: 48 035 036,90 de dollars pour le «projet intégré de construction de la centrale hydroélectrique de Grand Katende» et ses lignes de transport vers Kananga, Mbuji-Mayi, Bukonde et Tshimbulu.
La RN4 et l’Autoroute du fleuve dans le viseur
Le gouvernement annonce que d’autres dossiers sont en phase finale de «structuration technique et contractuelle». Parmi eux: la modernisation de la RN4 Kisangani-Beni, la construction de la Rocade Nord-Est de Kinshasa dite «Autoroute du fleuve» avec ses postes de péage, et «deux autres projets structurants». Le Ministère promet la passation des marchés et les décaissements «dans les jours à venir». Au-delà des chiffres, le ton est politique. Le Ministère tacle «le discours éhonté et désespéré des ennemis de la patrie» qui n’auraient «pas souhaité le succès de cette entrée historique sur le marché des capitaux internationaux».
Pour contrer la méfiance, il met en avant un «dispositif rigoureux, sans précédent» de décaissement, sous encadrement des comptables publics et suivant les recommandations du FMI. Des protocoles de traçabilité ont été signés avec les agences d’exécution. Kinshasa s’engage aussi à «absorber cette année l’intégralité du montant prévu» de l’Eurobond et à publier régulièrement l’état d’avancement des projets.
Rappel: les fonds de l’Eurobond sont logés sur des comptes créditeurs dédiés, dont les intérêts doivent «atténuer le coût» de la dette. Avec cette première reddition de comptes, le gouvernement de Judith Suminwa veut prouver que l’argent des investisseurs sert bien aux projets promis. Reste à voir le rythme des prochains décaissements.

