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RDC: Bitasimwa mobilise les médias dans la lutte contre la corruption

L’Inspection générale des finances -IGF- poursuit la vulgarisation de son plan stratégique triennal 2026-2028. Depuis lundi 8 juin 2026, journalistes et acteurs de la Société civile sont outillés sur les contours de cette feuille de route. Jeudi 11 juin, au quatrième jour de ces assises, le chef de service de l’IGF, l’Inspecteur général Christophe Bitasimwa, a insisté sur le rôle central des médias dans la consolidation de la bonne gouvernance. Dans la vision 2026-2028 de l’IGF, les médias occupent une place importante. Le flic financier en chef veut voir la presse servir d’interface entre l’institution et les citoyens, en privilégiant une information équilibrée, utile et constructive. Pour y arriver, Bitasimwa a exhorté la presse à «communiquer utile pour construire et non pour détruire».

En même temps, l’IGF en chef a déploré la propension à la polémique et aux scandales qui occultent parfois les progrès réalisés dans plusieurs secteurs. Face à cela, la nouvelle feuille de route de l’IGF se propose d’insister sur les chiffres et les performances. Ce virage nécessite, pour les médias, plus d’exigence en termes de vérification de l’information mais aussi le recours aux sources authentiques. Aussi, a précisé Bitasimwa, l’IGF veut rester loin de toute «stigmatisation individuelle». Une position dictée par l’éthique professionnelle des Inspecteurs de finances, soumis aux règles de l’agent public. A ce titre, ils sont astreints à une obligation stricte de réserve afin de garantir la crédibilité des enquêtes et la protection des procédures en cours. «Jamais nous n’allons citer des personnes dans nos rapports», a juré Bitasimwa, rappelant que les lois et règlements qui régissent l’IGF. «Nous ne pouvons pas en dehors de ce cadre», a-t-il insisté.

En plus de l’obligation de réserve de l’agent public, Bitasimwa a également rappelé la présomption d’innocence ainsi que le caractère administratif et pré juridictionnel des enquêtes de l’IGF. Toutefois, ces règles n’empêchent à l’IGF de respecter l’obligation de publication des rapports d’enquête, voulue par les instances internationales pour lutter efficacement contre les détournements. Toutefois, a insisté Bitasimwa, cette publication «ne doit pas enfreindre la présomption d’innocence». A l’IGF, la norme est de «se limiter à relater les faits et non les qualifier», tout en gardant l’anonymat des personnes tant qu’elles ne sont pas encore condamnées.

Les médias, auxiliaires de la lutte contre la corruption

Bien plus qu’un simple sujet institutionnel, le numéro un de l’IGF a évoqué la corruption dans sa dimension sociétale, expliquant que certains comportements tolérés en société favorisent l’enracinement de ce vice. «La lutte contre la corruption est un combat collectif. C’est une affaire sociétale qui nécessite la mobilisation de tout le monde», a-t-il affirmé. Dans le lot, Bitasimwa a déploré les pratiques de favoritisme ou encore les arrangements informels.

De son avis, un sursaut est inévitable pour arriver à un changement de mentalité et à une culture fondée sur l’intégrité, la responsabilité et le respect des règles. «Le journaliste est un auxiliaire et peut servir de renseignant pour l’IGF», a exhorté le chef de service, appelant les médias à investiguer davantage sur des cas de mauvaise gouvernance. «Amenez les infos avec des preuves et nous allons nous y pencher», a-t-il poursuivi.

Bien avant l’IGF Bitasimwa, des professeurs experts en SIC ont rappelé le rôle du journaliste. Tour à tour, Jean-Chrétien Esambo, Philippe Tonda et Franck Mukanya ont tracé la ligne rouge à ne pas franchir pour les professionnels de médias, au risque de devenir des caisses de résonnance. Le Professeur Jean-Chrétien Ekambo est notamment revenu sur les fondamentaux du journalisme et de la communication, rappelant que le métier de journaliste exige une formation rigoureuse, la maîtrise des techniques professionnelles ainsi qu’un travail constant de vérification et de recoupement des informations. «Il faut d’abord s’informer avant d’informer», a-t-il circonscrit. Et d’ajouter: «le journaliste n’est ni au service d’un camp, ni un dénonciateur».

De son côté, le Professeur Ntonda a insisté sur les règles déontologiques et éthiques des professionnels des médias. Celles-ci, a-t-il fait savoir, permettent de garantir un comportement responsable des professionnels des médias et des agents publics. Après cette quatrième journée aux saveurs très scientifique, la séance de vendredi sera consacrée à la révolution du numérique qui occupe une place de choix dans le nouveau plan de l’IGF.

WIDAL

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