
Rarement un vernissage de livres aura réuni autant de profils différents. Chercheurs, décideurs politiques, responsables d’institutions publiques, étudiants et chefs d’entreprise se sont retrouvés, samedi 18 juillet, à la Galerie La Fontaine à Kinshasa pour assister à la présentation conjointe de deux ouvrages consacrés à des domaines aussi distincts que complémentaires. Signés respectivement par les professeurs Modeste Bahati Lukwebo et Jean Kambayi Bwatshia, les deux nouveaux ouvrages aborde l’économie financière et la philosophie.
Paru aux Éditions Le Lys Bleu, «Fondamentaux des assurances et banque» de l’ancien président du Sénat «retrace l’histoire de l’assurance depuis les premières formes de solidarité dans l’Antiquité jusqu’au développement des assurances modernes». Remontant dans la genèse des assurances, l’économiste a concocté un «manuel de référence pour comprendre les mécanismes fondamentaux de l’assurance et de la banque». Bahati explique notamment que ces deux secteurs jouent un rôle stratégique dans la gestion des risques, la protection des personnes et des biens, la mobilisation de l’épargne et le financement du développement économique. Dès l’introduction de l’ouvrage, Bahati rappelle que l’assurance ne se résume pas à un simple contrat d’indemnisation.
Quant à «Faillite de la raison et raisons de la faillite de l’obscurantisme de l’aujourd’hui» édité par Eugemonia, il aborde les facteurs qui conduisent les sociétés contemporaines au recul de la pensée critique et à la montée de l’obscurantisme. Dans cet essai, l’ancien recteur de l’UNISIC défend la rationalité comme condition première du progrès, de la gouvernance et de la stabilité des institutions. Loin de s’opposer, les deux publications mettent ainsi en évidence le lien entre la qualité de la pensée, la crédibilité des institutions et la performance économique.
Pour Modeste Bahati, le choix de fusionner ces vernissages n’est pas anodin. «Le professeur Jean Kambayi Bwatshia démontre que l’élite congolaise est davantage tournée vers l’extérieur au lieu de s’approprier ses propres valeurs et sa propre culture. Il insiste sur le changement de mentalité comme condition indispensable pour faire de la RDC une grande nation. Dans une entreprise classique, la rémunération vient après la production. Dans les compagnies d’assurance, c’est l’inverse: les primes sont perçues à l’avance pour couvrir un risque futur et incertain», a-t-il déclaré.
Cette présentation conjointe, une première pour les deux auteurs, a rassemblé plusieurs personnalités du monde académique et institutionnel, parmi lesquelles l’ancien Premier ministre Évariste Mabi Mulumba, le recteur de l’Université de Kinshasa Jean-Marie Kayembe Ntumba, le gouverneur de la Banque centrale du Congo, André Wameso, ainsi que des parlementaires et des mandataires d’entreprises publiques et privées.
Une réflexion sur le rôle des assurances et des banques
Bien plus qu’un simple ouvrage, «Fondamentaux des assurances et banque» met en lumière la complémentarité entre le secteur bancaire et celui des assurances dans la mobilisation de l’épargne, le financement de l’économie et la gestion des risques. Pour plonger les lecteurs dans ces univers financiers, l’auteur revient notamment sur les notions fondamentales de l’assurance comme l’assuré, l’assureur, la prime, le risque, le sinistre ou encore la police d’assurance. Dans la foulée, il retrace l’évolution historique de cette activité, depuis les premières formes de mutualisation des risques jusqu’aux systèmes modernes.
Dans sa seconde partie, le livre examine les caractéristiques juridiques du contrat d’assurance ainsi que les droits et obligations des différentes parties. Il s’intéresse enfin aux relations entre les banques et les compagnies d’assurances, mettant en évidence leur contribution commune au financement de l’économie nationale et au développement de l’inclusion financière. En liminaire, Bahati Lukwebo plaide pour la modernisation, la régulation et la digitalisation de ces deux secteurs pour en faire des leviers importants du développement économique en République Démocratique du Congo.
À l’issue de la présentation des deux ouvrages, les auteurs ont procédé à leur baptême symbolique avec du vin de palme, plutôt qu’avec du champagne. Un geste présenté comme une manière de mettre en avant des références culturelles africaines pour marquer la parution de leurs nouvelles publications.
WIDAL

