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RDC : Adèle Kayinda pourrit le climat de travail aux PHC

Aux Plantations et huileries du Congo -PHC-, le climat de travail est morose. A la base, une décision de la ministre d’Etat au Portefeuille, Adèle Kayinda, accusée d’avoir nommé, en violation de toutes les dispositions du droit OHADA et des statuts de cette entreprise à économie mixte, une nouvelle Présidente du conseil d’administration -PCA- pour remplacer Georges Buse Falay, qui a démissionné de ce poste depuis le 29 septembre dernier.

Cette nomination, intervenue le 21 novembre 2023, couplée à la volonté de la ministre du Portefeuille d’«imposer sa décision» de placer un PCA de son obédience à la tête de PHC, a révolté Jérôme Sekana, coordonnateur national de l’ASBL Toile d’araignée, qui est monté au créneau le mardi 30 avril dernier pour se décharger, à la faveur d’une conférence de presse à Kinshasa, sur Adèle Kayinda dont la posture «risque d’hypothéquer l’avenir juridique de la société dans la mesure où tout acte que poserait la personne irrégulière désignée sera nul et de nul effet».

En effet, selon les explications de Jérôme Sekana, Adèle Kayinda s’est appuyée sur les textes juridiques d’avant l’adhésion de la RD-Congo au système OHADA pour nommer une PCA aux PHC. Ce qui dénote, de son avis, d’une «grave ignorance» de la part des services de la ministre qui l’ont induit en erreur.

«Avec le droit OHADA, le ministre du Portefeuille n’a désormais que le pouvoir de proposer et non plus de nommer les candidats administrateurs. Après, il y aura élection. S’agissant des élections, l’article 424 prévoit les élections par les actionnaires ou les administrateurs comme mode de désignation des administrateurs. Les administrateurs ainsi désignés par élection désignent, à leur tour, un PCA. C’est donc seul le Conseil d’administration, à l’issue d’une réunion sanctionnée par un Procès-verbal, qui désigne un PCA. Il n’y a pas plus nomination par l’Etat», a fait comprendre Sekana, révélant dans la foulée que le Tribunal de commerce de Kinshasa/ Gombe a désigné, par son jugement rendu sous le RCE 8275, un mandataire ad hoc avec pour mission de convoquer et de présider le Conseil d’administration de PHC, question de permettre aux administrateurs de statuer notamment sur le dossier de la personne nommée par la ministre Kayinda. Ce dossier, a poursuivi Sekana, a été rejeté par le Conseil d’administration au cours de sa réunion du 22 mars dirigée par le mandataire ad hoc.

«Nous sommes prêts à collaborer avec l’État RD-congolais pour approuver un candidat qualifié et crédible en conformité avec les statuts de PHC ainsi que les règles de l’OHADA. Ici, c’est une question de respect scrupuleux de la procédure en la matière et qui n’a rien à avoir avec un quelconque détournement qui n’existe pas au sein des PHC», a rétabli un cadre de cette société, tranchant qu’il «n’y a pas de crise dans la gestion en ce moment au sein de PHC».

Cependant, a fait observer Jérôme Sekana, la décision du Conseil d’administration de recaler la personne nommée par la ministre Kayinda, n’a rien de surprenant. Ce, étant donné qu’en droit OHADA, les administrateurs ont bien le droit et le pouvoir de rejeter la candidature d’un représentant de l’Etat. Il s’est appuyé sur l’ouvrage du professeur Lukombe Ngenda pour étayer son argumentaire, avançant: «En principe, l’assemblée générale des actionnaires n’est pas liée par la proposition des candidats que présente l’Etat, mais pratiquement, le comportement de l’assemblée change en fonction des forces en présence».  

A l’heure actuelle, la société PHC, ressuscitée en novembre 2020 grâce aux USD 50.000.000 injectés par SKMM2, devenue dans la foulée actionnaire majoritaire, est coiffée par un Conseil d’administration composé de 8 membres dont 3 sont désignés par l’Etat RD-congolais, actionnaire de catégorie B.

«En février 2021, Straight KKM2 a mis en place à la tête de PHC, pour la première fois en 110 ans d’histoire, un leadership entièrement RD-congolais avec Mme Monique Gieskes comme Directeur général, et avec la vision de créer une prospérité partagée pour toutes les parties prenantes de l’entreprise. La nouvelle équipe gestionnaire de PHC a réussi à augmenter la production d’huile de palme passant de 45.000 tonnes en 2020 à .000 tonnes en 2023 et compte produire 93.000 tonnes en 2024, et se propose de produire 100.000 en 2025. Qui dit mieux. Le nombre de ses employés est passé de 7.000 à 10.000 cadres et agents aujourd’hui, tous ayant des contrats directs signés en bonne et due forme avec la société», a relevé Jérôme Sekana, mettant ainsi en lumière l’enjeu de protéger cette «poule aux œufs d’or» qui contribue significativement à la résorption du chômage en RD-Congo.

Il a enchaîné avec cette autre performance accomplie sous le leadership de Monique Gieskes: «Au-delà de son business de production d’huile de palme, PHC s’est engagée dans les activités de l’Agenda de transformation de l’agriculture -ATA-RDC-, programme-phare du président de la République pour réaliser la revanche du sol sur le sous-sol. PHC veut se faire le fer de lance de cette vision présidentielle en RD-Congo a produit, en 2023, 52 tonnes de semences améliorées de riz et de maïs qui ont été certifiées conformes par le SENASEM et mises à la disposition des agriculteurs RD-congolais locaux pour une grande multiplication».

A cela s’ajoute la kyrielle d’actions sociales réalisées au bénéfice des agents de PHC en particulier et les populations RD-congolaises en général. Notamment, la construction des 4 grands hôpitaux avec 460 lits de malades, 16 dispensaires et 3 centres de santé -où sont soignés chaque année plus de 150.000 patients-, la mise au point de 70 forages pour offrir de l’eau potable aux communautés, la construction de 23 écoles de six classes chacune, 7 maisons de résidence des chefs des groupements, l’entretien des routes de desserte agricole sur plus de 100 km2 de rayon, l’appui à plus de 2.400 familles paysannes vivant autour de ses sites, etc.

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