Les prélats catholiques exigent l’amélioration des conditions de vie des RD-Congolais

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«Le peuple attend de la coalition au pouvoir l’amélioration de ses conditions de vie. Cela ne peut advenir qu’avec le changement de nos cœurs, de nos mentalités et de nos pratiques habituelles», a déclaré la CENCO. A l’issue de leur réunion du comité permanent tenue à Kinshasa du 24 au 28 février dernier, les évêques de la CENCO ont lancé, lundi 02 mars, un message intitulé «Coalition pour quel but? On reconnaît l’arbre à ses fruits. Mt 7,16 ». Ils ont lancé celui-ci au cours d’une conférence de presse animée par l’abbé Donatien Nshole, son secrétaire général, au Centre interdiocésain à Gombe. Dans ledit message, les évêques membres du Comité permanent de la CENCO ont indiqué qu’en tant que pasteurs, ils veillent au bien-être de la population et accompagnent les institutions du pays ainsi que les acteurs politiques à s’acquitter consciencieusement de leur mission au service du peuple.

Les évêques, membres du Comité permanent de la CENCO, ont également, dans le même contenu, présenté les acquis, les inquiétudes et leur exhortation sur la situation sociaux politiques qui prévaut dans le pays. Par rapport aux acquis, la CENCO félicite le peuple RD-congolais d’avoir œuvré pour l’alternance au pouvoir comme expression de la démocratie, de la lutte, même au prix du sang, pour l’amélioration des conditions de vie et l’avènement d’un État des droits. Ils ont salué, à la même occasion, les initiatives des gouvernants allant dans le sens du service du peuple, notamment la mise en œuvre effective de la gratuité de l’enseignement de base, les efforts de régularisation de la paie des enseignants, les perspectives de lutte contre la pauvreté. Le Comité permanant de la CENCO a noté aussi qu’il y a des avancées significatives sur le plan de la décrispation politique et de la libéralisation  de l’espace médiatique. «Sur le plan diplomatique, le pays retrouve progressivement sa place sur l’échiquier international», a-t-il soulevé. Cependant, les évêques ont également relevé quelques inquiétudes sur la situation sociopolitique du pays. «Un an après l’alternance au sommet de l’Etat, des crises multiformes subsistent et font planer des inquiétudes sur le changement social vivement attendu. Beaucoup de problèmes auxquels le pays est confronté, restent sans solution adéquate à cause de la crise qui mine la coalition et qu’il est inacceptable que le pays soit pris en otage par un accord qui du reste est occulte», ont-ils déploré, dénonçant «la corruption et le détournement des derniers publics qui persistent».

Situation sécuritaire déplorable à l’Est du pays

Les évêques de la CENCO ont aussi exprimé leur inquiétude sur la persistance de l’insécurité généralisée dans l’Est de la RD-Congo, semée par les groupes armés locaux et étrangers. Selon eux, nul n’a jamais compté autant de morts en moins d’une année dans cette partie du pays, comme c’est le cas actuellement. Cette situation s’étend sous d’autres formes dans les grandes agglomérations du pays. «Nous insinuons  entre autres causes de cette insécurité, dans le manque de recensement de la population et la problématique d’occupation des terres entraînant des conflits intercommunautaires, spécialement dans les zones où la population redoute la balkanisation du pays», ont-ils dit, soulignant que «parmi nos inquiétudes, malgré la pétition initiée par la CENCO et l’ECC, et qui a recueilli plus de deux millions de signatures, les élections locales qui devaient garantir la proximité et la redevabilité des gouvernants à la base, semblent être renvoyées au calendes grecques et les réformes souhaitées avant ces élections ne sont pas encore entamées». Les évêques, membres du Comité permanent croient à la capacité de la RD-Congo à se relever et appelle les uns et les autres à y mettre la bonne volonté et de s’y engager avec un sursaut patriotique.

Appel à la dépolitisation de l’appareil judiciaire

Ils font savoir que la RD-Congo intéresse plusieurs personnes à plusieurs égards. Mais personne d’autre ne peut mieux construire ce pays sans la participation des RD-congolais eux-mêmes au premier plan. D’où, poursuivent-ils, leur exhortation au Président de République Félix-Antoine Tshisekedi à poursuivre les efforts pour la restauration de la paix dans les zones gagnées par l’insécurité, à œuvrer pour la matérialisation des dispositions annoncées en matière de lutte contre la corruption et la dépolitisation de l’appareil judiciaire et de l’Administration publique, à veiller à la dépolitisation de la gestion des entreprises publiques en privilégiant la compétence, car les entreprises publiques ne sont pas des vaches à lait pour les regroupements politiques mais plutôt les unités de production pour la nation. Dans leurs recommandations, les évêques proposent aux élus du peuple, d’être sensibles aux peines, aux souffrances et aux aspirations profondes de la population, exprimée légalement entre autres par des pétitions et, d’être à l’écoute des forces vives du pays afin d’amorcer des réformes consensuelles nécessaires pour la consolidation de la démocratie.

«Que le gouvernement de la République puisse faire de son mieux pour réaliser les prévisions budgétaires votées en vue de l’amélioration des vie des RD-Congolais, à proposer dans les meilleurs délais, des réformes nécessaires et qui soient consensuelles, notamment de la CENI, de l’appareil judiciaire et à donner des signaux forts de la lutte contre l’impunité sans oublier la mise en œuvre des mécanismes de recensement de la population dans un délais raisonnable», ont-ils exhorté. Et d’ajouter: «que la Communauté internationale établisse des relations justes dans un partenariat franc et sincère et à aider la RD-Congo à trouver des solutions durables aux crises multiformes dans lesquelles elle se trouve. Nous recommandons au peuple  de tenir bon et de ne pas perdre espoir car l’espérance ne déçoit jamais, à demeurer vigilant dans l’exercice du contrôle citoyen des institutions, à exiger les élections locales et les réformes y afférentes, à cultiver la solidarité, la tolérance, le dialogue intercommunautaire, pour la réconciliation et la paix en cas des conflits. Car la nation ne peut se construire dans des conflits continuels, à se mettre au travail, à ne pas attendre les gouvernants dans ce qu’on peut faire soi-même pour améliorer les conditions de vie». Dans leurs propos, les évêques de la CENCO ont noté que la RD-Congo n’est pas condamné à rester toujours dans la pauvreté, dans la mauvaise gouvernance, dans la corruption, dans les violences et dans tant d’autres maux et antivaleurs. «Si le Seigneur ne bâtit la maison, en vain peinent les bâtisseurs. Que ce temps de carême soit pour nous tous un moment favorable de nous tourner vers le Seigneur et lui confier notre cher pays», ont-ils conclu.

Parousia MAKANZU