
Les envoyés du président Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner, ont tenu plus de trois heures de négociations avec le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi à Genève jeudi, pour tenter d’aboutir à une percée en vue d’un accord nucléaire. Le ministre omanais des Affaires étrangères a indiqué que les pourparlers reprendraient plus tard dans la journée, après une pause. Les discussions à Genève pourraient être la dernière chance d’une solution diplomatique avant que Trump ne choisisse la voie militaire.
Le compte rendu que Kushner et Witkoff feront à Trump après la réunion pèsera fortement sur la décision du président. Trump a déclaré dans son discours sur l’état de l’Union mardi qu’il préfère une solution diplomatique. Mais il a aussi exposé des arguments en faveur de la guerre. La troisième série de pourparlers nucléaires s’est tenue selon deux formats: indirectement, avec le ministre omanais des Affaires étrangères Badr al-Busaidi faisant office d’intermédiaire entre les parties, et directement entre les négociateurs américains et iraniens, selon une source informée. Les Iraniens ont présenté leur projet d’accord nucléaire très attendu.
Al-Busaidi et le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Rafael Grossi, ont tous deux participé aux négociations. Al-Busaidi a déclaré pendant une pause dans les pourparlers que «nous avons échangé des idées créatives et positives» et qu’il «espère réaliser davantage de progrès». Les États-Unis sont arrivés aux négociations en exigeant que l’Iran accepte que tout accord nucléaire futur reste en vigueur indéfiniment.
Une autre exigence clé des États-Unis était que l’Iran renonce à son stock de 10 000 kg d’uranium enrichi. Les États-Unis étaient prêts à faire preuve d’un certain degré de flexibilité sur la demande iranienne de conserver le droit d’enrichir l’uranium, mais seulement si Téhéran pouvait prouver qu’il n’existe aucune voie le menant à la bombe.
Entre les lignes
Dans son discours sur l’état de l’Union, Trump a dit que l’Iran doit dire clairement qu’il ne veut pas d’arme nucléaire. L’Iran affirme depuis longtemps ne pas avoir de telles ambitions. Ali Shamkhani, conseiller principal du guide suprême iranien Ali Khamenei, a écrit sur X jeudi, alors que les pourparlers se déroulaient à Genève, que si c’est la principale préoccupation des États-Unis, cela «s’aligne» avec la fatwa de Khamenei et la doctrine défensive de l’Iran, «et un accord immédiat est à portée de main».
«Araghchi dispose d’un soutien et d’une autorité suffisants pour cet accord», a ajouté Shamkhani.
Avec Axios


