
La capitale chinoise a accueilli, mardi 4 août dernier, la cérémonie officielle de clôture du programme 2026 du Centre international de presse et communication de Chine -CIPCC-, organisé par l’Association chinoise de diplomatie publique. Lancé le 11 mai 2026, ce programme a réuni 96 journalistes issus de 88 pays, représentant la diversité du Sud global. Au terme de trois mois d’intenses activités -conférences, visites institutionnelles, reportages de terrain et échanges avec les autorités chinoises-, les participants ont dressé le bilan d’une expérience présentée comme un pont entre les peuples et les médias. Dans son discours, le Vice-ministre chinois des Affaires étrangères, Hong Lei, a salué les journalistes pour leur immersion à travers la Chine. «En mai dernier, j’ai eu le plaisir de vous rencontrer pour la première fois sur le campus de l’Université Renmin. Trois mois plus tard, vous achevez votre programme enrichis d’une expérience précieuse», a-t-il déclaré. Il a rappelé que les participants ont parcouru plusieurs régions du pays, visité des entreprises de haute technologie, des villages, des quartiers urbains et des écoles, afin de comprendre «le visage authentique de la société chinoise».
Hong Lei a particulièrement insisté sur les visites à l’École centrale du Parti communiste chinois et au Musée de l’histoire du Parti communiste chinois, estimant qu’elles ont permis aux journalistes de mieux comprendre l’origine et l’évolution du Parti communiste chinois, les raisons de sa longévité politique, le lien entre le Parti et la modernisation chinoise, et la trajectoire historique de la République populaire de Chine. Le vice-ministre chinois des Affaires étrangères a également souligné que les journalistes ont produit près de 4000 reportages, contribuant à présenter «une image diversifiée, dynamique et objective de la Chine» auprès des publics de pays du Sud global. Sur le plan international, Hong Lei a défendu le multilatéralisme et appelé les médias du Sud à promouvoir la paix, la coopération et le développement partagé face au protectionnisme et aux politiques de puissance.
Pour sa part, Chen Xu, président de l’Association chinoise de diplomatie publique, a indiqué que le CIPCC est devenu la plus grande plateforme d’échanges médiatiques de la Chine avec le Sud global. Il a félicité les 96 journalistes de 88 pays pour l’achèvement du programme: «votre séjour en Chine n’a pas été seulement un parcours professionnel, mais aussi une contribution au renforcement de la voix du Sud global dans les affaires internationales». Dans son allocution, Chen Xu a rappelé les principaux moments du programme, soulignant que les participants ont assisté à plusieurs activités, notamment au World artificial intelligence conference de Shanghai; aux échanges avec des experts de l’École centrale du Parti; à la visite du Musée de l’histoire du PCC; aux déplacements dans 19 provinces, municipalités et régions autonomes; à la découverte du patrimoine culturel chinois, du tai-chi et de l’art du papier découpé.
Selon lui, le CIPCC, créé il y a douze ans, est désormais «la plus grande plateforme chinoise d’échanges avec les médias étrangers en termes de couverture géographique, de nombre de participants et de diversité des organisations de presse». Par ailleurs, Chen Xu a insisté sur la nécessité pour les journalistes du Sud global de contribuer à un rééquilibrage des récits internationaux, longtemps dominés par un nombre limité de grands médias occidentaux. Prenant la parole au nom des journalistes africains, Inacio Muianga de la télévision publique mozambicaine TVM, a livré un témoignage fortement marqué par l’histoire des relations sino-africaines. «Dès notre arrivée, nous avons été accueillis avec professionnalisme, respect et chaleur humaine. Nous repartons avec des expériences, des amitiés durables et une compréhension plus profonde de la Chine», a-t-il souligné.
Il a évoqué des conférences auxquelles ont pris part les journalistes africains, notamment celles consacrées au développement économique et social chinois, à la politique étrangère de Pékin, à l’innovation scientifique et technologique, et à l’évolution des médias chinois. Le confrère mozambicain est revenu particulièrement sur la visite du Musée du Parti communiste chinois, qu’il a décrite comme «un voyage remarquable à travers l’histoire et la transformation de la Chine moderne». Dans un passage personnel, Inacio Muianga a rappelé le soutien apporté par la Chine et l’ancien Président Mao Zedong aux mouvements africains de libération, notamment au FRELIMO pendant la lutte pour l’indépendance du Mozambique. Il a également cité l’exemple de Saihanba, immense forêt artificielle créée sur un territoire autrefois dégradé, comme symbole de la capacité de la Chine à transformer des objectifs jugés impossibles en réalité, grâce à une vision collective de long terme.
«Le contact direct avec les événements, les institutions et les communautés locales nous permet de produire des reportages fondés sur l’observation, la précision et l’expérience vécue», a-t-il conclu, insistant sur la responsabilité des journalistes. Après trois mois de conférences, de voyages d’études, de rencontres avec des responsables chinois, des chercheurs, des entrepreneurs et des citoyens ordinaires, les participants repartent avec une connaissance plus concrète de la société chinoise, de son système politique et de ses ambitions internationales. À travers le CIPCC, la Chine tisse davantage un réseau de journalistes du Sud global capables de porter, dans leurs pays respectifs, un regard plus direct sur la Chine contemporaine.
Olitho KAHUNGU, depuis Pékin

