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Sextape, audios et container détourné: le public fustige l'immoralité du pasteur Mukuna

L’évêque Pascal Mukuna est dans des sales draps. Son nom est mêlé à une affaire de viols répétés sur une dame. D’après les notes vocales attribuées à la supposée victime, une certaine Mamie Tshibola, balancées dans les réseaux sociaux, l’assistant du pasteur responsable de l’Assemblée chrétienne de Kinshasa -ACK- meurt et laisse à la veuve, par le pasteur Mukuna interposé, une parcelle. Quand arrive le moment de récupérer le titre immobilier, Mukuna commence à abuser sexuellement de la femme. La pauvre, sans défense, est contrainte de se soumettre. Son martyre débute avec des séances des chantages et viols présumés à répétition. Quand le scandale éclate au grand jour après la divulgation des séances sexuelles filmées où un homme ressemblant selon certains internautes à Mukuna, il s’en trouve des compatriotes pour défendre le bourreau, le prédateur. C’est le monde à l’envers. On défend l’immoralité, l’indignité. Sans gêne. En République démocratique du Congo, la société a un problème. Elle est arrivée au point de «minimiser les souffrances qu’endurent les victimes des violences sexuelles», s’indigne un certain Richard Kapend sur Twitter. 

Sur le même réseau social, l’ancien magistrat Frédéric Bola s’en émeut. «Au nom de la politique, une femme veuve, pauvre, vulnérable, crie être victime de viols répétés. On sanctifie l’auteur. Une femme politique est simplement invectivée au Sénat, on crucifie l’auteur. Ni Mukuna, ni Thambwe Mwamba. C’est la société RD-congolaise qui est immorale, indigne», commente Bola.

Le constat est là, imparable: certains compatriotes ont aujourd’hui tendance à tout banaliser, se lamente, pour sa part, un député national. «Ils trouvent normal que le pasteur Mukuna, en posture de défi, passe à la télé pour attaquer les autres, ses prétendus adversaires politiques du FCC, tenter de botter en touche, plutôt que de s’indigner et promettre de réparer», se plaint cet élu kinois. Avec raison. Lundi, sur le plateau d’une télé kinoise, Mukuna est apparu à bien des moments sur la défensive, voulant attribuer la vidéo au FCC, tout en reconnaissant à la fois le nom de son collaborateur décédé et ne niant pas avoir une parcelle à Binza Météo, lieu supposé du crime. Signe de culpabilité? Les experts en décryptage du «body language» sont de cet avis. «Le body language du pasteur l’a trahi et a crédibilisé le témoignage de la veuve», tranchent-ils à ce stade où les associations de défense des droits de l’homme et les mouvements féministes affichent un silence condamnable.

Aux soutiens de Mukuna dont la ligne de défense est que la vidéo a été montée pour atténuer l’affaire opposant Alexis Thambwe Mwamba à Bijoux Goya, prise à partie en pleine plénière, ses pourfendeurs ont la réplique cinglante suivante: «Qu’on arrête de vouloir dénaturer le sens des mots. Les remarques de Thambwe à Goya ne constituent pas des insultes. Thambwe a cité le FCC comme auteur des mots incompétence et immoralité. Qu’on arrête de se plaindre à propos de Goya, une élue, une politique capable de drainer des foules et payer les avocats pour organiser sa propre défense si elle estime que son président l’a offensée. Mais nous voulons voir la société se lever, plaider la cause de la vulnérable Mamie Tshibola et condamner avec force l’acte immoral de l’homme de Dieu Pascal Mukuna».

Sans conteste, les exhibitions pornographiques qui collent l’évêque ne relèvent pas de la petite délinquance et choquent les bonnes consciences. «Si cette femme existe vraiment, qu’elle porte plainte contre l’auteur présumé d’un viol», réclame sur son compte Twitter officiel le Parti des pauvres pour l’émancipation des pauvres.  

Dans un autre élément filmé posté dans les réseaux sociaux, l’ancien candidat président Noel Tshiani se plaint aussi au sujet de ses biens placés dans un container remis à Mukuna aux États-Unis mais jamais récupérés depuis plusieurs mois.

Natine K.   

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