
Dans une tribune publiée lundi 23 mars 2026, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku, a accusé l’ancien Président de la République Joseph Kabila de piloter un plan de partition de la RD-Congo, qualifié de «soudanisation». S’appuyant sur une interview de l’ex-Président parue le même jour, l’ancien gouverneur du Nord-Kivu a affirmé que son ancien allié se trouverait à Goma sous la protection du rebelle Sultani Makenga -M23- pour orchestrer une déstabilisation interne au profit de Kigali.
Le texte marque la fin de toute ambiguïté entre le camp de Félix Tshisekedi et celui de son prédécesseur. Pour Julien Paluku, le choix de la date du 23 mars -anniversaire des Accords de 2009 ayant enfanté le M23- n’est pas une coïncidence mais la preuve d’un agenda de trahison. Cependant, Julien Paluku a présenté l’alternance de 2019 comme un processus de «démasquage» ayant permis de révéler l’infiltration de l’appareil d’État par l’ancien régime. A ses yeux, l’autorité morale du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie -PPRD- chercherait à émietter le territoire RD-congolais en particules malléables, à l’instar du Soudan.
Paluku a martelé que le Nord-Kivu ne doit plus être un «laboratoire d’expérimentation» pour des intérêts étrangers et a appelé les populations du Kivu à une vigilance absolue face à ce qu’il décrit comme une «infiltration de longue date». Pour boucler la boucle, il a exhorté le peuple RD-congolais à faire bloc derrière le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi. Cette sortie médiatique s’inscrit dans un climat de guerre sécuritaire et diplomatique à l’Est, où le pouvoir de Kinshasa cherche à consolider l’unité nationale en désignant clairement les ennemis de l’intérieur.
Hénoc AKANO


