
Comment les institutions impliquées, avec des multiples services spécialisés n’ont pas pu, pendant 8 ans, découvrir l’omission de la mention règlementaire et obligatoire «signature du représentant du ministère des Affaires Etrangères» sur la page d’identité du passeport biométrique ordinaire?
Le passeport figure parmi les documents sécurisés de l’identité des citoyens d’un pays. En RD-Congo, il y a 5 institutions publiques qui interviennent directement dans le processus d’octroi ou la manipulation des passeports nationaux. Il s’agit du ministère des Affaires étrangères et Intégration régionale; le ministère de la Justice et Garde des sceaux; le ministère des Finances; la Présidence de la République représentée par l’Agence nationale des renseignements -ANR-; le ministère de l’Intérieur et Sécurité représenté par la Direction générale des migrations -DGM. Ce qui montre l’importance de ce document dont la possession touche à la sécurité intérieure et extérieure d’un Etat.
Une source crédible pose une question pertinente: comment ces 5 institutions, avec des multiples services spécialisés n’ont pas pu, pendant 8 ans, découvrir l’omission de la mention règlementaire et obligatoire «signature du représentant du ministère des Affaires étrangères» sur la page d’identité du passeport biométrique ordinaire. Comment n’ont-elles pas pu remarquer que le passeport biométrique ordinaire n’était pas signé et scellé par le représentant du ministère des Affaires étrangères?
Ces questions valent un pesant d’or. Est-ce par complaisance, incompétence, négligence ou complicité? Pourtant, à la lumière du décret n°04/091 du16 octobre 2004, modifié par le décret 09/10 du 30 mars 2009 réglementation l’octroi et la gestion des passeports nationaux en RD-Congo et la gestion des passeports RD-congolais relèvent exclusivement du ministère des Affaires étrangères.
Au fil des temps, on se rend compte du rôle funeste joué par les ministres qui se sont succédés à la tête de ce ministère depuis 2004, «pour couvrir le clientélisme dans le processus d’attribution des marchés de production des passeports, l’extorsion et le détournement des deniers public y afférents».
Selon une enquête publiée dans un quotidien de la place, «déconcertée, abandonnée à son triste sort et assistant impuissamment aux escroqueries en bandes organisées au sommet de l’Etat, la population caressait un seul espoir : au mois de juin 2020, le successeur de Joseph Kabila, le président Félix-Antoine Tshisekedi, devrait résilier le contrat de production de passeports détenu par la société SEMLEX, remettre de l’ordre dans le processus de production, commercialisation des passeport en RD-Congo et sanctionner tous ceux qui, de loin ou de prêt avaient participé à cet odieux festival».
Aujourd’hui, il n’est un secret pour personne que les requérants sont obligés de soudoyer les agents de l’Etat afin d’obtenir rapidement le passeport. Notre source soutient que «tout un réseau bien ficelé et des commissionnaire de tous bords avec des ramifications au ministère de la Justice -casier judiciaire et direction qui délivre les certificats de nationalité-, l’ANR fonctionnent au sein de l’administration du ministère des Affaires étrangères pour accélérer la livraison des passeports».
Et d’ajouter: «le passeport s’obtient, dans la plupart des cas, par la corruption que par la voie officielle. Du guichet de la Banque, en passant par l’ANR pour l’identification et la salle de capture de la photo, les 100 USD ou les 185 USD versés à la banques ne suffisent pas. Le pot de vin peut aller de 50 USD à 300 USD selon l’urgence. Ceux qui choisissent la voie légale attendent plusieurs semaines sans savoir où se trouve leur dossier. Ces pratiques délictueuses qui frisent l’escroquerie officielle sont connues et tolérées par les autorités du ministère». Il est temps pour mettre fin au trafic des passeports RD-congolais.


