Actualités

Ndayishimiye exige le retrait des forces rwandaises de l’Est de la RD-Congo

«Plus de six mois après la signature de l’Accord de Washington entre Kinshasa et Kigali, la paix dans l’Est de la RD-Congo reste suspendue à la mise en œuvre effective des engagements prix». C’est le constat dressé par le Président burundais, Evariste Ndayishimiye, dans un entretien accordé à «France 24» en marge de la 81ème session de l’Assemblée générale des Nations unies à New York. «Signer un accord, c’est une chose, mais le mettre en œuvre, c’est autre chose. Et voilà que, jusqu’à maintenant, nous sommes dans l’impasse», a-t-il déclaré. Foi à ses propos, l’absence de désengagement compromet directement la portée du cessez-le-feu. Par ailleurs, le Président en exercice de l’Union africaine -UA- a estimé que la séparation des forces est un préalable indispensable.

«Quand il y a un accord de cessez-le-feu, d’abord, il doit y avoir désengagement des forces. Sinon, si les forces ne sont pas séparées, ne sont pas désengagées, comment parler de cessez-le-feu?», s’est-il interrogé. Le Président burundais a lancé un appel direct au Rwanda à adopter une attitude positive vis-à-vis du processus de désengagement militaire. Il a également appelé le M23 à participer au processus prévu. Selon lui, l’absence de crépitement d’armes ne suffit pas à garantir une accalmie durable lorsque les belligérants restent positionnés face à face. «Si réellement on voudrait la paix au Congo-Kinshasa, d’abord le Rwanda devrait se montrer positif par rapport au désengagement», a-t-il affirmé. Et de souligner: «même quand il n’y a pas de crépitement d’armes, quand les forces sont encore là, c’est toujours le risque».

Par la suite, le Président Ndayishimiye a décrit la crise comme un conflit à dimension à la fois interne et internationale, ce qui rend nécessaire une clarification du retrait des forces et des mécanismes de séparation. La question des Forces démocratiques de libération du Rwanda -FDLR- constitue également un autre point de tension. Si Kigali invoque régulièrement la présence de ce groupe armé en RD-Congo comme justification de ses préoccupations sécuritaires, le Président burundais a mis en doute la cohérence de cet argument. Évariste Ndayishimiye a affirmé que certaines unités des FDLR se trouvent dans des territoires contrôlés par l’AFC/M23 et le Rwanda, tandis que d’autres sont localisées dans des zones sous contrôle du gouvernement RD-congolais.

«Mais comment il va anéantir ceux qui sont dans la zone contrôlée par Rwanda et M23?», s’est-il interrogé, en référence aux engagements de Kinshasa concernant la neutralisation des FDLR. Pour le Chef de l’Etat burundais, l’absence d’action contre les combattants présents dans les zones contrôlées par Kigali et l’AFC/M23 nourrit des interrogations. «Pour moi, je vois qu’il y a un autre agenda caché. Et en tout cas, ce qui se dit, ce n’est pas ce qui se fait», a-t-il déclaré. Au-delà du dossier RD-congolais, Évariste Ndayishimiye a affirmé que la menace d’une attaque rwandaise contre le Burundi existe encore, dans un contexte régional toujours marqué par de fortes tensions. Pour lui, la mise en œuvre concrète des engagements demeure déterminante pour réduire les risques d’une nouvelle escalade dans la région de Grands Lacs.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Bouton retour en haut de la page