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Muyej s’indigne face au procès Kabila, il évoque un «paradoxe troublant»

Le vendredi 22 août à Kinshasa, la Haute cour militaire a requis la peine de mort contre l’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila Kabange. Poursuivi par contumace pour son implication avec le groupe armé M23, soutenu par le Rwanda, ce procès suscite d’importantes réactions. Considérée par beaucoup comme étant d’ordre politique, cette affaire a incité l’ancien gouverneur du Lualaba, Richard Muyej Mangez, à s’exprimer sur la situation.

Dans un propos teinté de critique et de questionnements, Muyej s’interroge sur la nature des accusations. «D’un côté, on réclame 24 milliards de dollars pour trahison, mais de l’autre, on le désigne comme un espion qui aurait usurpé la nationalité congolaise. Quel paradoxe: comment peut-on trahir un pays dont on ne serait même pas citoyen?» indique-t-il. 

Selon Muyej, ce décalage met en lumière les incohérences qui entourent le dossier. Il souligne également la position ambiguë de l’État congolais dans cette affaire: «L’État agit à la fois en tant que victime, juge et accusateur. On assiste à une véritable pièce de théâtre où le rôle du protagoniste change selon les exigences du scénario. Est-ce de la justice ou une tragédie nationale?», s’interroge-t-il. Pour l’ancien ministre PPRD de l’Intérieur, même les procès en République Démocratique du Congo semblent se transformer en feuilleton, avec des rebondissements qui étonnent et provoquent l’interrogation du public.

Réaction du PPRD, le parti de Kabila

Le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie -PPRD-, le mouvement politique de Joseph Kabila, qualifie le procès d’«illusion sans surprise». Dans une interview accordée à «RFI», Emmanuel Ramazani Shadary, secrétaire permanent du PPRD, a déclaré: «J’ai annoncé depuis le 25 juillet 2025 qu’il s’agissait d’un procès sans fondement. C’est une décision politique, masquée par un habillage judiciaire imposé par les juges de la Haute cour militaire». Il ajoute: «Ce procès est inique, injuste et déséquilibré, au point de devenir un non-événement. On peut sentir la haine envers une personne qui a tout donné». 

Pour Emmanuel Ramazani Shadary, cette décision ne fait que renforcer Joseph Kabila, le rendant «plus fort et résistant que jamais». Il conclut en appelant ses collègues, ses partisans et tous les Kabilistes à garder leur calme jusqu’à la victoire démocratique, en affirmant qu’il n’y a rien à craindre.

YA KAKESA

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