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Mukoko Samba à la manœuvre, le secteur financier privé s’engage aux côtés du gouvernement dans la formalisation de l’économie informelle

Le vice-premier ministre, ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a franchi une nouvelle étape dans la bataille pour la formalisation de l’économie informelle en réunissant jeudi les principaux acteurs du secteur financier privé.  Banques commerciales, compagnies d’assurance et sociétés de mobile money ont répondu présent à l’appel du gouvernement et exprimé leur appui à ce chantier stratégique lancé en mars dernier.

L’objectif de cette séance de travail: jeter les bases d’un cadre de collaboration entre l’exécutif et les opérateurs financiers pour faciliter l’intégration progressive des travailleurs informels dans le circuit économique formel. «La formalisation est un long processus. Elle vise à intégrer dans le système officiel des millions d’acteurs aujourd’hui invisibles, afin qu’ils soient reconnus, protégés et puissent bénéficier des services liés à leurs activités», a déclaré le vice-Premier ministre Mukoko Samba.

Une cartographie déjà engagée dans Kinshasa

Le ministre de l’Économie a présenté à ses interlocuteurs les premières avancées du programme. La phase d’identification des acteurs informels a déjà couvert 14 des 24 communes de la capitale, avec une phase de géolocalisation bouclée dans six d’entre elles. Un logiciel dédié à la collecte et au traitement des données est également opérationnel. Dans la continuité, le gouvernement prévoit l’aménagement d’espaces commerciaux dans différents quartiers, afin d’offrir un environnement structuré et sécurisé aux petits commerçants, artisans et prestataires de services qui opèrent encore en marge du système fiscal et réglementaire.

Soutien conditionnel du secteur financier

Les représentants des banques, compagnies d’assurance et plateformes de paiement mobile ont salué l’initiative, tout en soulignant la nécessité d’une approche progressive et inclusive. Ils ont exprimé des réserves quant à la complexité administrative et au risque de surcharge fiscale, susceptibles de freiner l’adhésion volontaire des travailleurs informels.

«Nous saluons la démarche du gouvernement et réaffirmons notre engagement à jouer notre rôle dans cet écosystème en pleine transformation», a déclaré Willy Mulamba, deuxième vice-président de l’Association congolaise des banques -ACB.

Un enjeu majeur pour l’emploi et la croissance

Avec près de 80 % de la population active employée dans le secteur informel, selon les dernières estimations, la formalisation de ce pan vital de l’économie nationale représente l’un des leviers clés du programme quinquennal du président Félix Tshisekedi, qui vise la

création massive d’emplois et l’élargissement de la base fiscale nationale. La rencontre organisée jeudi marque ainsi un tournant dans l’approche gouvernementale : celle d’une co-construction du processus avec les acteurs économiques, pour bâtir une économie plus inclusive, plus résiliente et mieux structurée.

Natine K

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