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Marches de l’UDPS et Lamuka en violation de l’Etat d’urgence: l’ordre républicain mourant, l’autorité de l’Etat est bafouée!

Malgré le refus du gouvernement axé sur le respect de l’état d’urgence sanitaire proclamé par le Chef de l’Etat pour contrer la propagation de la Covid-19, l’UDPS, le parti dont est issu le Président de la République Félix Tshisekedi, et Lamuka, le principal regroupement d’Opposition, sont descendus délibérément dans la rue respectivement le 9 et le 13 juillet pour protester contre l’entérinement de la désignation de Ronsard Malonda à la présidence de la CENI et les propositions de loi Minaku-Sakata.

Quelques semaines plus tôt, les militants de l’UDPS ont aussi violé l’état d’urgence en allant manifester violemment devant le siège, inviolable, du Parlement, en prenant pour cibles des députés nationaux, des représentants de l’Etat. Ces manifestations, à l’exception de celles de Lamuka, se sont caractérisées par les violences contre les manifestants, les violences contre les forces de l’ordre, les attaques contre les sièges de certains partis politiques membres du FCC. L’Etat dans sa plus grande définition s’est retrouvé dans une posture gênante. Entre état d’urgence et laxisme des Institutions, la contradiction est totale.

Réuni le vendredi 10 juillet sous la direction du Président de la République, le Conseil des ministres n’a pas condamné ces marches et leurs organisateurs. C’est plutôt à l’issue d’une réunion le lundi 13 juillet à la Primature que le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur a lu la déclaration du gouvernement condamnant la violation de l’état d’urgence et la «volonté délibérée» des organisateurs des marches à «exposer la population à la contamination au Coronavirus». Paradoxal!

Décideurs au-dessus des clivages et idéologies

En République démocratique du Congo, le droit à la liberté d’expression, à l’organisation des manifestations publiques, existe. Il est garanti par la Constitution. Au-delà leur côté légal, ces manifestations constituent surtout un moyen de pression face aux décisions gouvernementales afin d’exprimer son mécontentement. Mais il est évident que ces contestations doivent se dérouler de manière pacifique, dans le cadre légal. Il est aussi clair que pareils événements, interdits par l’Exécutif, énervent l’état d’urgence sanitaire en vigueur depuis fin mars et prorogé à six reprises. Et c’est là que les autorités, visiblement débordées, sont devenues laxistes. Il n’est pas admissible qu’en République démocratique du Congo, des membres et ténors d’un parti bien identifié, de l’Opposition hors-la-loi et d’une certaine Société civile multiplient les manifestations publiques interdites pour la simple et bonne raison qu’ils n’acceptent pas telle ou telle décision. De quel droit, en vue de revendiquer le retrait des propositions de loi ou l’interruption du processus de désignation d’un animateur contesté de la Commission électorale, des militants doivent minimiser l’autorité du Président de la République, rejeter les mesures du gouvernement, mettre feu à des édifices privés, torturer et tuer les policiers? Est-ce vraiment une forme de contestation acceptable?
Ces appels à manifester pendant cette période sont jusque-là faits par les partis et regroupements politiques. Faut-il rappeler que la majorité des RD-Congolais ne militent pas dans des partis et regroupements politiques, qu’ils n’en sont pas membres? Pourquoi c’est une minorité qui doit chercher à se faire entendre le plus et troubler l’ordre établi? Qui arrêtera le pouvoir de cette minorité qui commence à bafouer l’autorité de l’Etat dont le Président de la République est le symbole? Il n’est pas légitime d’entendre que face au désordre, il faut répondre par les troubles.

Il n’est pas normal d’apprendre que, lors d’un meeting improvisé en plein état d’urgence, le Secrétaire général de l’UDPS, Augustin Kabuya, a menacé de faire partir du gouvernement le vice-Premier ministre UDPS en charge de l’Intérieur, Gilbert Kankonde, tenu pour responsable des morts enregistrés dans les rangs du parti mais qu’il n’a pas désavoué les auteurs de la mort des policiers. Le manque de citoyenneté de Kabuya se révèle entier. Son attitude aurait dû être condamnée par le Conseil des ministres. Sauf à tolérer que 37 ans de lutte politique et la liberté d’expression priment désormais sur le respect de l’autorité publique, accordent le droit violer impunément l’état d’urgence proclamé par Chef de l’Etat.

Cette façon de faire fait sentir la nécessité d’avoir un Etat fort, capable de se faire respecter par tous, où la complaisance n’a pas sa place. Cet Etat fort passe par des décideurs au-dessus des clivages partisans et idéologiques, entourés des collaborateurs avisés, impartiaux et froids, prêts à inspirer respect à tous et à prendre des mesures, qui ne plairaient pas à tout le monde, parfois pas à leurs propres formations politiques, mais destinées à rétablir l’ordre républicain ébranlé et mourant.

Achille KADIMA MULAMBA

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