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Luzolo relance l’alerte anti-coulage

Le conseiller spécial du Chef de l’Etat en matière de bonne gouvernance, lutte contre la corruption, le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, Emmanuel Luzolo Bambi Lesa, a pris part, mercredi 20 juin dernier, à la cérémonie marquant l’ouverture de la rencontre régionale Afrique de Transparency International qui ferme ses portes déjà ce vendredi 22 juin 2018. Dans son allocution essentiellement axée sur les finances publiques, le conseiller spécial de Joseph Kabila a révélé que la RD-Congo perd chaque année au moins USD 15 milliards du fait de la corruption et de détournement des fonds publics. En même temps, Luzolo Bambi a déploré le paradoxe RD-congolais en matière des finances. Il a démontré, une fois de plus, qu’il est anormal que la RD-Congo fonctionne avec un budget d’USD 5 milliards, alors qu’elle perd chaque année au moins USD 15 milliards.
 
S’exprimant mercredi 20 juin dernier à l’ouverture de la rencontre régionale Afrique de Transparency International sur laquelle les rideaux vont tomber ce vendredi 22 juin 2018, Luzolo Bambi, conseiller spécial du Chef de l’Etat en matière de bonne gouvernance, lutte contre la corruption, le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, a, de nouveau, réaffirmé l’existence des pratiques de corruption et de détournement des biens publics en RD-Congo. Il a aussi décrié le paradoxe RD-congolais en matière des finances. «Il est un secret de polichinelle d’affirmer que la corruption existe et qu’elle gangrène gravement les institutions. J’ai toujours engagé un débat sur le paradoxe congolais entre la taille de notre budget et le coulage des recettes. C’est-à-dire, nous avons un budget de USD 5 milliards de dollars et j’ai toujours affirmé haut que nous perdons chaque année au moins USD 15 milliards», a-t-il déclaré.
Par ailleurs, l’ancien ministre de la Justice a également fustigé la quasi inexistence de la jurisprudence en matière de la lutte contre la corruption en RD-Congo. «Lorsque vous sillonnez les 200 prisons à peu près que nous avons au pays, j’ai bien peur que vous ne trouviez 5 personnes condamnées pour corruption ou détournement des deniers publics sur les cinq mille détenus environ que nous avons. Donc, la quasi inexistence de sanctions en matière de corruption», a stigmatisé le spécial Luzolo Bambi.
Des juges et des avocats impliqués dans la corruption
Pour sa part, la Ligue congolaise contre la corruption -LICOCO- a dit s’engager dans la mobilisation sociale des citoyens à exiger des candidats aux élections d’inscrire la question de lutte contre la corruption comme priorité dans leurs programmes de campagne.
En 2016, la Ligue congolaise de lutte contre la corruption -LICOCO- a renseigné que le trésor public de la RD-Congo a perdu plus d’un milliard de dollars américains. Selon Radio Okapi, dans sa correspondance adressée le 11 août 2017 au Conseil supérieur de la magistrature, la LICOCO a attribué ce manque à gagner au non-paiement d’impôts par plusieurs entreprises privées basées sur le sol RD-congolais, pour la seule année 2016. A en croire la Ligue congolaise de lutte contre la corruption, depuis plusieurs années, environ 200 sociétés privées basées en RD-Congo recourent au service des juges des cours et tribunaux de la RD-Congo afin de prendre des jugements avant dire droit pour bloquer les paiements des taxes et impôts de l’Etat. «Ces jugements avant dire droit ne sont pas pris pour corriger les erreurs de l’administration fiscale mais simplement pour bloquer le paiement des taxes et impôts», a fait savoir la LICOCO. L’année passée, la LICOCO a exigé qu’une commission mixte, Justice-Finances-Régies financières-Conseil supérieur de la Magistrature soit rapidement mise en place pour élucider cette affaire. Elle a également plaidé en faveur des sanctions contre les juges ou magistrats qui ont violé la loi après avoir reçu des pots de vin pour favoriser ces sociétés.
Pour rappel, le rapport 2017 de l’ONG Transparency international sur l’indice de perception de la corruption dans le monde, plaçait la RD-Congo à la 166ème place sur 183 pays évalués. Comparativement au classement 2016, la RD-Congo n’a pas fait de progrès dans la lutte contre la corruption.
Olitho KAHUNGU

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