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Les agents Nestlé inquiets de leur sort

Nestlé s’en va mais laisse ses employés dans l’inquiétude. Le géant suisse de l’agroalimentaire a, avec fracas, annoncé la fermeture de sa succursale de Kinshasa avec effet immédiat le vendredi 1er décembre dernier, lors d’une réunion avec les agents et la délégation de Nairobi, siège de la sous-région de Nestlé. Surpris de cette fermeture brusque, les agents vivent dans l’impasse, car aucune annonce, jusqu’alors, n’a été faite au sujet de la modalité du paiement de leurs décomptes finaux. Ils grondent.
 
Tel un tonnerre, est tombée la nouvelle annonçant la fermeture de la succursale de Kinshasa du géant suisse de l’agroalimentaire, Nestlé. Avec effet immédiat, la nouvelle a été, sans détour et avec fracas, annoncée le vendredi 1er décembre par Erkan Kodak, Country manager de Nestlé Congo, lors d’une rencontre avec plus de 130 agents de cette entreprise, dont certains étaient venus de l’intérieur du pays. La délégation de Nairobi, siège de la sous-région, conduite par Cornel Krummenacher, Market Head-EAR, accompagné de Kamil Mustafa Yilman, Head of Finance and Control-EAR, et Fridah Muchina, Head of HR-EAR, a également pris part à cette réunion. Dans son adresse aux agents, Erkan Kodak a martelé sur trois points: fermeture immédiate de la société parce que non profitable, mise en congé immédiat de tout le staff à l’annonce de la nouvelle et le paiement des salaires jusque fin janvier 2018. Aucune précision sur la modalité de paiement des décomptes finaux de ces agents qui, loyalement, ont servi Nestlé durant plusieurs années, n’a été donnée. Tollé dans le chef des agents qui, très vite, ont organisé une réunion avec le banc syndical, dimanche 3 décembre dans la cantine de la Direction générale. A l’issue de cette réunion dominicale, tous les agents ont manifesté leur inquiétude au sujet du paiement de leurs décomptes finaux. «Aujourd’hui, le désormais ancien personnel de Nestlé attend de connaître les détails de leur indemnisation suite à cette fermeture brusque, considérant la précarité du marché de l’emploi, le coût élevé de la vie, sachant qu’ils avaient des CDI et contracté des crédits bancaires sous la couverture de leur employeur et fort de l’assurance de la longévité de Nestlé au Congo», a confié à «AfricaNews» un cadre de direction, au service de Nestlé depuis bientôt 7 ans.
Le site de Nestlé inaccessible
Joint via mail par «Jeune Afrique», le service de communication de Nestlé Congo a superficiellement laissé entendre: «nous sommes conscients que c’est une période difficile pour nos employés et nous nous engageons à leur offrir des indemnités plus importantes que ce que prescrit le droit du travail RD-congolais». Les agents restent et demeurent sceptiques en dépit du fait que les négociations sur les conditions de départ soient encore en cours. Au moment où Erkan Kodak annonçait aux agents la fermeture de la succursale kinoise de Nestlé, l’ordre a été donné au département informatique de désactiver les comptes de messagerie ainsi que les empreintes pour les accès biométriques. «Suite à cet ordre, certains agents ont vu leurs effets personnels enfermés dans les locaux», a déploré ce cadre. Et de révéler: «le matin du 1er décembre, tous les véhicules ont été rappelés et immobilisés sous prétexte d’inventaire». En RD-Congo, le géant suisse de l’agroalimentaire, Nestlé, est implanté depuis 2008 et compte 176 employés directs, dont la moyenne d’ancienneté est de 9 ans. En 2012, une usine de production a été installée à Kinshasa. Son coût d’investissement est évalué à 15 millions de francs suisses, équivalent à 12,4 millions d’euros. Cette usine fabriquait des cubes Maggi et conditionnait du lait Nido en sachets. «Nous opérons des changements dans notre mode de fonctionnement, mais nous ne nous retirons pas: les consommateurs trouveront la même gamme de produits. Nous resterons actifs sur le marché RD-congolais et contribuerons à la croissance du pays», a souligné le service de communication de Nestlé dans un mail laconique envoyé à Jeune Afrique.

Laurent OMBA

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