Kamerhe sermonne PPRD et UDPS après le dérapages de Kolwezi

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La coalition est une expérience presque jamais vécue en République Démocratique du Congo, a reconnu le boss de l’UNC depuis l’Afrique du Sud où il est allé représenter le Président Félix Tshisekedi au Forum sur l’investissement en Afrique, organisé par la Banque africaine de développement -BAD. Au pays de l’arc-en-ciel, Vital Kamerhe a accordé une interview à Jeune Afrique à la faveur de laquelle il a passé un savon aux extrémistes de l’UDPS et du PPRD. Il a condamné les auteurs de cette avalanche des propos malsains nuisibles à la coalition FCC-CACH dont le seul objectif demeure pourtant «l’amélioration des conditions de vie» des RD-Congolais. «Nous sommes en démocratie et les gens peuvent s’exprimer. Aujourd’hui, on polémique sur les propos de Jean Marc Kabund, mais pourquoi les gens ne parlent pas des propos tenus du côté du FCC lors de leur forum du Katanga qui, à mes yeux, ont constitué l’élément détonateur? Pourquoi, au Katanga, il y a eu de telles provocations?», a tapé du poing le Dircab du Président Fatshi qui, à ce titre et au regard de son leadership, s’est exprimé non «pour allumer le feu, mais plutôt pour l’éteindre». «On a entendu des propos graves, qui étaient de nature à provoquer des répliques qui, peut-être, ont été disproportionnées. Je condamne en ce qui me concerne les uns et les autres et je les invite au calme, parce que nous venons de loin», a ajouté VK, qui promet de tout faire pour maintenir l’alliance actuellement au pouvoir… grâce à un dialogue permanent.  «La coalition FCC-CACH a de l’avenir», a professé Kamerhe, non sans affirmer que les leaders de ces deux regroupements, Félix Tshisekedi et Joseph Kabila, «tiennent encore à cette coalition». «Si, au sein du FCC et de CACH, il y en a certains qui ont d’autres objectifs, ils n’ont pas leur place dans la coalition», a-t-il martelé. Ci-après, l’intégralité de l’interview de Kamerhe à Jeune Afrique.

Laurent OMBA


Kamerhe: «Nous ferons tout pour maintenir l’alliance Tshisekedi-Kabila»

Jeune Afrique : L’alliance scellée entre le Cap pour le changement et le Front commun pour le Congo est sujette à des tensions permanentes. L’accord ne risque-t-il pas d’être brisé ?
Nous devons, de part et d’autres, regarder en direction des autorités morales des coalitions. Félix Tshisekedi, pour CACH, et Joseph Kabila, pour le FCC. Et tous les deux, il me semble, tiennent encore à cette coalition. Moi-même, je suis une troisième partie prenante de cet accord, parce qu’avant l’alliance FCC-CACH, il y a l’accord de Nairobi entre Félix Tshisekedi et moi. Personnellement, je tiens à la coalition FCC-CACH.

Des cadres de l’Union pour la démocratie et le progrès social -UDPS-, le parti du président Félix Tshisekedi, ont agité la menace des poursuites éventuelles contre les tenants de l’ancien exécutif, Joseph Kabila en tête. Le FCC répond de son côté par des mises en garde fermes. La rupture semble pourtant bel et bien consommée…
Le point de vue qu’il faut avoir, lorsque l’on parle de l’alliance entre FCC et CACH, est qu’elle concerne d’abord les deux chefs d’Etat-major, les deux autorités morales à savoir, Félix Tshisekedi et Joseph Kabila. De notre côté, nous disons que tant que Joseph Kabila ne fait pas ombrage au Président Félix Tshisekedi, qu’il ne lui barre pas la route, la coalition se porte très bien. Vous avez suivi le Président, dans toutes ses interventions, il n’a jamais évoqué cela. De même, Joseph Kabila n’a pas exprimé de colère, ou de désaccord. Les deux chefs de coalition doivent parler. Le Président Tshisekedi l’a déjà fait. J’invite aussi le Président Kabila à faire la même chose. La coalition FCC-CACH a de l’avenir, et nous allons tout faire pour la maintenir, grâce à un dialogue permanent.

Pensez-vous que Jean Marc Kabund, président intérimaire de l’UDPS et premier vice-président de l’Assemblée nationale, est allé trop loin dans ses propos concernant l’Alliance FCC-CACH?
Nous sommes en démocratie et les gens peuvent s’exprimer. Aujourd’hui, on polémique sur les propos de Jean Marc Kabund -que je ne veux pas commenter-, mais pourquoi les gens ne parlent pas des propos tenus du côté du FCC lors de leur forum du Katanga qui, à mes yeux, ont constitué l’élément détonateur? Pourquoi, au Katanga, il y a eu de telles provocations? Je pense que Joseph Kabila n’a pas demandé aux gens du FCC de le proclamer presque Président à vie! De dire qu’il doit revenir et se présenter à l’élection présidentielle, alors que nous ne sommes pas encore à une année de l’exercice du pouvoir du Président Tshisekedi. On a entendu des propos graves, qui étaient de nature à provoquer des répliques qui, peut-être, ont été disproportionnées. Je condamne en ce qui me concerne les uns et les autres et je les invite au calme, parce que nous venons de loin.

Est-ce le retour annoncé de Joseph Kabila sur la scène politique qui provoque de tels remous?
Quand on occupe des fonctions importantes au sein de l’Etat, cela met entre nos mains une force non négligeable. A cela, il faut également ajouter notre aura, notre leadership. Ces forces, il ne faut les utiliser pour allumer le feu, mais plutôt pour l’éteindre.

Au niveau du CACH, la présidentielle de 2023 est-elle déjà à l’ordre du jour?
Je suis le mieux placé pour vous dire que ce qui préoccupe le Président Tshisekedi pour le moment, c’est de répondre aux attentes du peuple congolais. Le Président Tshisekedi n’est pas dans la perspective de 2023, aujourd’hui. Et c’est la même chose pour son directeur de cabinet. Répondre aux attentes du peuple congolais est notre priorité. Nous avons lancé le programme de 100 jours, qui est un succès au regard de ce qui a été fait, dans les constructions des routes, notamment.

Pourquoi plusieurs décisions prises par le Président Félix Tshisekedi, et notamment les ordonnances nommant les dirigeants de la Gécamines et de la SNCC, n’ont toujours pas été appliquées, alors qu’elles datent de plusieurs mois?
Cette question a été discutée entre le FCC et le CACH, et je crois que les deux chefs se sont déjà mis d’accord sur la façon dont cela va s’appliquer. Nous sommes dans l’apprentissage de la coalition. Dans notre pays, on a connu plusieurs coalitions qui n’ont jamais marché. Mais, on a aussi l’exemple du «4+1» [formule mise en place en 2003, au lendemain de la seconde guerre du Congo, adjoignant au Président Kabila quatre vice-présidents – Azarias Ruberwa, Arthur Z’ahidi Ngoma, Abdoulaye Yerodia Ndombasi et Jean-Pierre Bemba, NDLR]. Cela avait fonctionné parce que les gens se concertaient, et que chacun mettait de l’eau dans son vin. Ce modèle doit nous inspirer. Car, même si c’est Félix Tshisekedi qui a gagné l’élection présidentielle, nous n’avons pas la majorité à l’Assemblée nationale. En d’autres termes, si nous ne sommes pas suffisamment intelligents pour nous coaliser avec le FCC, on aura du mal à diriger ce pays.

Donc, toutes les décisions de Félix Tshisekedi doivent d’abord être négociées?
Non. Quand on parle de négociation, de dialogue permanent, c’est la démocratie à l’africaine. Nous sommes des frères, avec un même objectif: l’amélioration des conditions de vie de notre population. Si, au sein du FCC et de CACH, il y en a certains qui ont d’autres objectifs, ils n’ont pas leur place dans la coalition.

La question d’une éventuelle révision de la Constitution revient avec insistance. Quelles sont les principales choses à changer, selon vous?
D’abord, la double nationalité. Il faut permettre aux Congolais de la diaspora de se sentir à l’aise et mettre fin à l’hypocrisie qui prévaut sur cette question. Nous devons également réfléchir à revenir à un scrutin à deux tours pour la présidentielle. Il faut aussi, selon moi, que les sénateurs et les gouverneurs soient élus directement par le peuple. Par ailleurs, il y a certaines dispositions de la Constitution qui ne sont pas assez claires. Il faut absolument revisiter le texte sans, bien sûr, toucher aux dispositions intangibles.

Propos recueillis par Stanys BUJAKERA/JA

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