
Une délégation du Conseil d’administration du Fonds de promotion de l’industrie -FPI-, conduite par l’administrateur Kinuani Massamba, a effectué une mission de contrôle à Mbuji-Mayi et à Tshikapa. Entre projets en panne, réalisations abouties et patrimoines récupérés en dation de paiement, l’institution dresse un bilan mitigé et formule des recommandations fermes pour accélérer l’exécution du Programme présidentiel de lutte contre la pauvreté et les inégalités sociales.
En séjour à Mbuji-Mayi, la délégation du Conseil d’administration du Fonds de promotion de l’industrie -FPI- a passé en revue plusieurs projets financés dans le cadre du Programme présidentiel de lutte contre la pauvreté et les inégalités sociales. L’équipe a évalué l’état d’avancement des initiatives en cours, identifié les difficultés rencontrées par les entreprises et apprécié l’impact socio-économique des investissements. Elle a également palpé du doigt l’état des biens immobiliers acquis par l’institution en dation de paiement.
Tshipuka: une centrale solaire stratégique laissée à l’abandon
Première étape: la centrale photovoltaïque de Tshipuka, située à 20 kilomètres de Mbuji-Mayi et censée produire 10 MW le jour et 5 MW la nuit. Sur place, la désillusion est totale: chantier à l’arrêt, équipements abandonnés, matériel bloqué dans les ports de Matadi et de Dar-es-Salaam. L’unique représentant rencontré évoque une résiliation du contrat entre l’État et l’opérateur, un fait qui soulève de graves interrogations sur la gouvernance et le suivi du projet.
Santé: des retards inquiétants, mais aussi des résultats
À l’Hôpital général Saint Jean-Baptiste, les travaux de réhabilitation et de modernisation évoluent à pas de tortue. À l’unité de transfusion sanguine, tout est carrément à l’arrêt. L’administrateur a dénoncé l’absence de résultats malgré les financements déjà engagés et a interpellé les partenaires techniques. En contrepartie, l’hôpital de la Muya, également financé par le FPI, est désormais opérationnel, preuve que certains projets avancent malgré les obstacles.
Éducation: modernisation en cours, défis persistants
À l’École du 4 Janvier, des travaux de finition -forage, canalisation des eaux de pluie, peinture- restent à réaliser. À l’École Kalenda Mudishi, établissement historique fréquenté par le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi, la modernisation arrive à son terme. L’infrastructure passera de 21 à 45 classes, avec deux salles polyvalentes et trois ateliers. La livraison est prévue pour mars 2026.
Dation de paiement: gestion, recouvrement et réhabilitation du patrimoine
La mission a également porté sur les bâtiments récupérés en dation de paiement, notamment les immeubles Mukuna Kalenda et Mundos, actuellement mis en location. Les anciens bureaux du FPI à Mbuji-Mayi, également obtenus en dation, seront démolis et modernisés après la relocalisation des services, prévue avant février 2026. À Tshikapa, le FPI a aussi récupéré six pièces résidentielles mises en location dans la commune de Kanzala.
Un projet hôtelier porteur: l’Hôtel Merveille
L’administrateur Kinuani Massamba a inspecté l’Hôtel Merveille, un projet financé par le FPI. Cet investissement moderne illustre la volonté de l’institution de soutenir des initiatives à forte valeur ajoutée et créatrices d’emplois dans la région. Au terme de sa mission, l’administrateur Kinuani a exprimé son mécontentement face à la lenteur de plusieurs chantiers, dénonçant l’absence de résultats tangibles malgré les ressources mobilisées. Il a rappelé l’obligation, pour les bénéficiaires et les partenaires techniques, de respecter les délais et les engagements. Des recommandations strictes ont été formulées pour accélérer les projets viables, corriger les défaillances et prendre des mesures contre les chantiers abandonnés. Cette mission marque une étape décisive dans le réajustement des interventions du FPI et dans l’amélioration de l’impact socio-économique de ses investissements au Kasaï-Oriental.

