
Alors que les chauffeurs menacent d’aller en grève, le gouverneur Daniel Bumba maintient sa grille tarifaire
La ville de Kinshasa risque une paralysie qui ne dit pas son nom ce lundi 20 janvier. Les rues risquent d’être désertes au point de compliquer la circulation. Selon les dernières nouvelles parvenues à notre rédaction, les chauffeurs des taxis, bus et taxis-bus ont décidé de déclencher une grève ce jour à travers toute la capitale. Ont-ils écrit officiellement à l’autorité urbaine? Ont-ils cherché à la rencontrer en vue d’harmoniser les vues? A toutes ces questions, la position de l’Hôtel de ville est claire. Selon la cellule de communication de l’Hôtel de ville de Kinshasa, pas de routes désertes ce lundi à Kinshasa. D’un ton ferme le 1er citoyen de la ville, Daniel Bumba, «invite les conducteurs des véhicules en commun au respect de la nouvelle grille tarifaire et aux Kinois à vaquer librement à leurs occupations quotidiennes».
Cette décision a été prise par l’autorité urbaine à l’issue de la réunion entre le gouvernement provincial, les associations des chauffeurs et les services de sécurité à l’Hôtel de ville le dimanche 19 janvier. Sur toutes les lèvres, les chauffeurs réclament la retouche de la grille tarifaire fixée dernièrement par l’Hôtel de ville de Kinshasa qui, selon eux, ne reflète pas la réalité sur terrain.
«La grille tarifaire du gouverneur de la ville ne nous permet pas de réaliser le versement nous fixé par les propriétaires des véhicules. Dans sa démarche, l’Hôtel de ville n’a pas tenu compte des embouteillages devenus monstrueux sur toutes les artères de la ville et de l’état de la voirie urbaine qui ne cesse de se dégrader du jour au jour», ont-ils déploré.
Dans leur démarche, les transporteurs en commun demandent que l’Hôtel de ville puisse revoir la grille tarifaire en vue de leur permettre de travailler de manière à répondre aux attentes de leurs patrons en termes de versements journaliers qui leur sont fixés. Selon certains transporteurs approchés dimanche 19 janvier au rond-point Victoire, le mot d’ordre a été donné à tous en vue de garder leurs véhicules à la maison. Une manière pour eux de pousser l’autorité urbaine à revoir sa décision de commun accord avec les responsables de l’Associations des chauffeurs du Congo-ACCO.
En dépit de la non-augmentation du prix du litre d’essence à la pombe qui a toujours entrainé la hausse du prix de transport en commun, les conducteurs des bus, taxis et taxis-bus ne s’accrochent qu’aux embouteillages. A cela s’ajoutent les tracasseries policières qui sont devenues chroniques dans la capitale, entrainant ainsi les chauffeurs et receveurs à dégrainer leur rente journalière au profit des agents de roulage, souvent pour des fautes imaginaires. Tandis que dans ces conditions, les transporteurs souffrent à atteindre le taux de versement fixés par les patrons. L’autorité est donc entre le marteau et l’enclume. A vrai dire les transporteurs en commun défient l’autorité.