
Le gouverneur de la ville de Kinshasa, Daniel Bumba Lubaki, s’apprête à passer son test grandeur nature devant les élus provinciaux. Ce mercredi 24 juillet, il présentera à l’Assemblée provinciale son plan de guerre, un programme de gouvernance baptisé «Kin ezo bonga» qui réserve une place de choix au social des Kinois avec l’axe 8 «Éducation et santé» et l’axe 10 «Emploi, culture, sport et jeunesse». Dans le secteur de l’éducation, confronté à plusieurs défis sur l’ensemble, Daniel Bumba entend mettre fin à l’insuffisance du nombre d’écoles publiques et stopper le délabrement avancé des édifices scolaires.
A Kinshasa, certaines écoles manquent de tout. Des latrines aux matériels didactiques, en passant par les bancs. A cela s’ajoute l’occupation inappropriée de l’environnement immédiat des écoles établissements d’enseignement par les débits de boisson, églises de réveil, commerce, etc. Des problèmes auxquels devra se pencher rapidement le gouvernement Bumba, engagé dans la reconstruction et la réhabilitation des infrastructures scolaires… La ville va également doter les écoles en bancs-pupitres, ordinateurs, panneau solaire, bibliothèque numérique et autres matériels didactiques. Bumba prend également le pari de ne plus avoir des débits de boissons, églises et autres activités génératrices des nuisances sonores ou des pratiques contraires aux bonnes mœurs dans l’environnement immédiat des écoles.
Le cursus informel n’est pas en reste. Pour bouger les choses dans ce domaine, Bumba va promouvoir le renforcement des capacités des vulnérables afin de les rendre capables d’exercer un métier pour ainsi contribuer à leur réinsertion éducationnel. Dans un autre registre, le gouvernement provincial de Kinshasa va également s’employer dans la promotion des activités génératrices de revenu dans les milieux ruraux avec des coachings rapprochés auprès des mamans maraichères, entre autres, pour booster leur rendement et les rendre plus autonome .
Dans le secteur de la santé, il est prévu, pour palier la faible couverture géographique, une sensibilisation pour booster l’utilisation des services existants par les kinois dans une approche intégrateur mutuelle de santé et Couverture santé universelle. Ceci, après avoir constaté l’insuffisance de l’intégration des structures de santé répondant aux normes et le manque de qualité des services et soins offerts en raison des insuffisances opérationnelles des établissements des soins de santé.
Comme partout au pays, à Kinshasa, les investissements publics dans le secteur de la santé n’ont pas suivi le rythme du boom démographique. Bumba se propose d’inverser cette tendance en construisant un hôpital ayant une morgue moderne de grande capacité et un laboratoire d’analyse médicale dans la partie Ouest de la ville. A l’Hôpital provincial de référence de Kinshasa -ex-Maman Yemo-, le gouv’ compte faire un état des lieux du centre d’hémodialyse pour entreprendre sa réactivation éventuelle.
Les lacunes de la législation nationale en matière des funérailles et sépultures ont également été abordées dans le programme. La recette est, dans un premier temps, de doter la ville d’un cimetière public, pouvant ainsi faciliter l’inhumation des indigents ou des morts abandonnées et sans famille. Dans le même élan, une réflexion va être menée sur les cimetières inactif ou fermé de la Gombe et de Kintambo.
Identité kinoise, un atout pour l’attractivité de la ville de Kinshasa
Redonner à Kinshasa sa place de principal centre culturel et sportif du pays. Bumba y croit et veut s’en donner les moyens, dans un contexte général de régression du prestige et du retentissement international de la culture RD-congolaise jadis fierté nationale et internationale avec la Ville de Kinshasa comme bastion. Désormais, priorité sera accordée à une vraie politique culturelle et sportive pour la ville capitale. Cette politique va permettre de «poser les bases afin bâtir une véritable industrie culturelle en phase avec les opportunités qu’offre le coté cosmopolite de la ville de Kinshasa, véritable carrefour des cultures nationales». Mieux, Bumba pense faire de la culture un des leviers majeurs du développement de Kinshasa en professionnalisant notamment l’industrie culturelle,
Le gouv’ de Kin veut surtout s’inscrire dans une approche holistique en voyant de manière globale trois secteurs possédant des ramifications évidentes: Culture, Sport et Jeunesse. Spécifiquement, Bumba prend 10 engagements dans ces 3 secteurs. Il s’emploiera, avec son gouvernement, à assurer la protection, la sauvegarde et la promotion du patrimoine culturel propre à la ville de Kinshasa; enrichir et encadrer le niveau de la création et de la production artistique et culturelle; aider le Kinois culturel à être en phase avec les innovations de son temps de manière harmonieuse mais aussi accroitre les ressources matérielles, humaines et financières à affecter au développement du secteur culturel. Il sera également question de développer la capacité du secteur culturelle kinois, de favoriser par une politique incitative, la création et l’émergence des entreprises culturelles et de promouvoir l’intégration culturelle locale entre communautés. Dans cet élan de promotion culturelle, un festival culturel panafricain, un engagement du Président de la République, est également envisagé. Toujours dans ce secteur, la capitale va mener un plaidoyer pour récupérer la gestion entière de la tour de l’Échangeur afin d’initier sa réhabilitation complète.
Loin d’être seulement une activité physique, le sport devrait, sous Bumba, devenir le socle d’enracinement de la citoyenneté et de la promotion du bien-vivre ensemble. Le gouv’ veut ainsi faire du sport «un réel facteur d’intégration et du bien-vivre ensemble, en anéantissant les velléités des violences qui caractérisent actuellement le quotidien du Kinois nourrie dans la plus part des cas par le monde sportif mal encadré». Ce pari passe obligatoirement par la réhabilitation des infrastructures sportives et culturelles existantes appartenant à la ville de Kinshasa et un plaidoyer auprès du gouvernement central pour la relance du projet des
constructions des stades municipaux. Kinshasa espère également être impliquée dans la gestion des infrastructures sportives et culturelles construites et en cours de construction ci et là dans ville.
En ce qui concerne la création des emplois, la potion Bumba est ingénieuse. Elle se décline en plusieurs points. Avec la mise en œuvre effective de la Fonction publique urbaine, le gouv’ entend créer des emplois directs. L’autre déclinaison est la formalisation des entreprises détenues par les Kinois et le développement de la chaine de valeur agricole. Kinshasa espère également capitaliser l’industrialisation à travers le développement des zones économiques pour des emplois industriels directs et indirects. Aussi, le chantier de construction de la nouvelle ville de Kinshasa devra également créer des opportunités d’emploi à capitaliser pour des millions. Kinshasa, à l’instar des grandes villes en Afrique subsaharienne, n’est pas aujourd’hui épargnée par le chômage.
«Kinshasa ezo bonga» vise surtout à bâtir une ville sécurisée, salubre et moderne. Loin d’être des vœux pieux, le programme Bumba se veut une thérapie profonde et réaliste aux maux qui rongent Kinshasa depuis des décennies. Pour la mise en œuvre de ce programme, un dispositif de pilotage ainsi que de suivi et évaluation a été prévu.

