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Kinshasa: le point du ministre Alain Tshilungu sur l’avenir des marchés de Mitendi, Matadi-Kibala et de l’UPN

Où en sont les trois grands chantiers commerciaux de la capitale? Interpellé à l’Assemblée provinciale de Kinshasa sur l’état d’avancement des marchés de Mitendi, Matadi-Kibala et de l’UPN, le ministre provincial des Infrastructures, Alain Tshilungu, a livré un état des lieux contrasté, entre avancées concrètes et blocages persistants sur le terrain. Pour Mitendi, dans la commune de Mont-Ngafula, le ministre a d’abord tenu à replacer le projet dans une vision plus large que celle du simple marché. L’autorité urbaine y envisage la création d’un port sec destiné à mieux réguler le flux des poids lourds en provenance de Matadi et de Boma et, ainsi, à désengorger la circulation kinoise.

Le site identifié, d’une superficie de quatre hectares, appartient à la RTNC. En attendant la concrétisation de ce projet structurant, la Ville a pris les devants. Un marché provisoire de 1 000 étalages a été financé et aménagé à proximité de l’ancien site, en face du dépôt de la Bralima, afin d’assurer la continuité des activités pour les commerçants. Le tableau est plus complexe à Matadi-Kibala. Le projet de marché moderne, piloté par l’Agence de gestion des projets -AGEP-, peine à sortir de sa phase préparatoire. Sur les quatre hectares nécessaires, seul 1,2 hectare a été récupéré à ce jour. C’est, selon le ministre, le préalable incontournable qui bloque l’ensemble du chantier.

Pour tenter de débloquer la situation financière, un mémorandum d’entente a été signé entre l’AGEP et la société burundaise EIS-EKA SARL. L’objectif est de mobiliser les financements pour les études et la construction dans le cadre d’un partenariat public-privé avec la Ville. Sur le terrain, un marché provisoire de 350 étalages a été installé au Camp PM. Mais le maintien d’une partie des vendeurs sur l’ancien site empêche toujours la libération complète de l’emprise.

C’est du côté de l’UPN, à Ngaliema, que le projet est le plus avancé. Alain Tshilungu a justifié l’intervention de ses services par la nécessité de libérer les emprises publiques, dans le cadre de l’opération «Balabala eza wenze te», pilier du programme «Kinshasa Ezo Bonga» du gouverneur Daniel Bumba Lubaki. Le futur marché sera construit sous le régime de la délégation de service public pour un coût global de 5 581 099,08 dollars. L’entreprise Moustapha Zaarour  a été retenue pour des travaux d’une durée de vingt-quatre mois. Sur 1,38 hectare, le complexe comprendra 1 300 étals en béton, 76 locaux commerciaux, un parking de cent véhicules, ainsi qu’un bâtiment administratif et des équipements d’hygiène. Les travaux seront phasés en quatre modules pour permettre un déplacement progressif des commerçants. Un site provisoire le long de l’avenue Marine accueille déjà près de 300 vendeurs. Au-delà des chiffres, le ministre a voulu afficher une volonté: celle de moderniser les infrastructures commerciales de Kinshasa tout en composant avec la réalité du terrain, faite de relogements délicats et de résistances persistantes.

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