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Kinshaa: la Nuit du numérique pose les bases d’une IA «à visage RD-congolais»

À Kinshasa, la deuxième édition de la Nuit du numérique a réuni décideurs publics, experts et acteurs culturels autour d’un débat stratégique: comment concilier intelligence artificielle et préservation de l’identité culturelle RD-congolaise. Le gouvernement RD-congolais y défend une «troisième voie» fondée sur la souveraineté numérique.

La deuxième édition de la Nuit du numérique s’est tenue dernièrement au Centre Wallonie-Bruxelles de Kinshasa, sous l’organisation du think tank Law and Technologies. L’événement a placé au cœur des échanges une question devenue centrale pour les créateurs: «Création artistique et intelligence artificielle: menace ou opportunité pour la culture RD-congolaise?». Représentant le ministre de l’Économie numérique, Augustin Kibassa Maliba, le Directeur de cabinet, Séraphin Umba Kapepe, a porté la vision du gouvernement devant un public composé de diplomates, juristes, experts du numérique et acteurs culturels.

D’entrée de jeu, il a mis en garde contre deux attitudes jugées extrêmes face à l’essor de l’intelligence artificielle: la méfiance systématique, qui freine l’innovation, et l’adhésion aveugle, susceptible d’effacer les repères culturels locaux. Le gouvernement défend plutôt une «troisième voie», résumée par une approche de souveraineté numérique assumée. «Le chemin que nous devons construire pour la République démocratique du Congo est celui d’une appropriation souveraine, responsable et culturellement enracinée de l’intelligence artificielle», a déclaré Séraphin Umba. Cette orientation repose sur un équilibre entre protection juridique, préservation culturelle et valorisation économique de l’innovation, avec un objectif clair: éviter que les récits RD-congolais soient façonnés sans la voix des RD-Congolais.

Au cœur des débats, la question des données culturelles s’est imposée comme un enjeu stratégique. L’IA, nourrie majoritairement de contenus étrangers, impose selon les autorités RD-congolaises la nécessité de structurer, numériser et protéger les archives nationales ainsi que les langues locales. Une démarche jugée indispensable pour éviter que les productions générées par les algorithmes ne trahissent l’âme des expressions artistiques RD-congolaises. Dans cette dynamique, le gouvernement, sous l’impulsion du Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi et de la Première ministre Judith Suminwa, entend faire du numérique un levier de rayonnement culturel et économique.

Le ministère de l’Économie numérique prévoit ainsi de renforcer le cadre juridique existant, notamment en matière de droits d’auteur, afin de garantir la traçabilité des œuvres, le consentement des créateurs et une rémunération équitable face à l’essor de l’IA générative. Enfin, quatre priorités ont été mises en avant dans la perspective «DRC Digital Nation 2030», à savoir: la protection des droits des artistes, la valorisation du patrimoine culturel, la formation aux outils numériques et la structuration d’industries culturelles créatrices d’emplois. Clôturant son intervention, Séraphin Umba a lancé un appel aux créateurs RD-congolais à s’approprier les technologies plutôt qu’à les subir. «Ne craignez pas la technologie. Maîtrisez-la», a-t-il insisté, avant de déclarer officiellement ouverte cette édition de la Nuit du numérique, placée sous le signe d’une intelligence artificielle pensée au service de la culture RD-congolaise.

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