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Jacquemain Shabani: «Transformer les provinces en espaces de paix durable est notre priorité»

La détermination du gouvernement RD-congolais à faire des provinces des espaces de paix durable a été réaffirmée, lundi 3 novembre, par le vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, à l’occasion du lancement des Conversations sur la gouvernance provinciale et locale pour la prévention de l’extrémisme violent. «Ces Conversations, sous notre leadership, visent à replacer la gouvernance au cœur de la prévention et à transformer nos provinces fragilisées en espaces de résilience et de paix durable. Notre objectif n’est pas seulement de comprendre les causes de l’extrémisme violent, mais de construire ensemble des réponses institutionnelles, communautaires et humaines», a déclaré Jacquemain Shabani.

Selon lui, ces assises interviennent dans un contexte marqué par la persistance de menaces sécuritaires multiples, allant des violences extrémistes dans l’Est aux conflits communautaires dans l’Ouest et le Centre de la RD-Congo. «Ces violences, motivées par des intérêts économiques, identitaires ou religieux, ont un dénominateur commun: fragiliser la gouvernance et creuser un déficit de confiance entre gouvernants et gouvernés», a-t-il souligné.

Pour le vice-Premier ministre, l’extrémisme violent se développe là où la gouvernance est affaiblie, où les institutions font défaut et où les frustrations sociales et économiques se transforment en colère puis en actes de violence. Jacquemain Shabani a rappelé que les provinces orientales connaissent depuis plus de trois décennies la présence de groupes armés et d’acteurs violents liés à des réseaux internationaux.

«Il faut maintenant ajouter les provinces du Mai-Ndombe, Kwilu, Kwango, Kasaï et Kasaï-Central qui vivent elles aussi des tensions communautaires qui, si rien n’est entrepris, pourraient devenir le terreau de nouvelles formes d’extrémisme violent», a-t-il averti. Même Kinshasa n’est pas épargnée par la montée du banditisme urbain, qui nécessite une attention particulière. «C’est pourquoi, en nous réunissant ici, nous affirmons une vision préventive et anticipative: apprendre des drames de l’Est pour éviter leur reproduction à l’Ouest», a-t-il martelé.

Pour Jacquemain Shabani, l’ordre public et la sécurité des citoyens ne relèvent plus uniquement de la police. «Ils se construisent également dans les écoles, les marchés, les chefferies, les administrations territoriales et dans nos quartiers et villages -partout où le citoyen se sent écouté, respecté et protégé», a-t-il expliqué.

Dans ce cadre, le vice-Premier ministre Jacquemain  Shabani a lancé un appel solennel aux gouverneurs, ministres provinciaux, partenaires techniques et financiers, acteurs du secteur privé, Société civile et communautés, afin de s’impliquer dans la recherche de solutions durables pour la paix et la stabilité. «Renforcez vos administrations, écoutez vos populations et investissez dans la cohésion communautaire. Développez la résilience et ne cédez ni à la peur ni à la haine. La sécurité est l’affaire de tous et la paix se construit collectivement», a-t-il insisté.

Pour sa part, le gouverneur de la ville de Kinshasa, Daniel Bumba, a salué l’initiative et souligné que la capitale s’associe pleinement à la vision du Président Félix-Antoine Tshisekedi, qui promeut la paix, la cohésion nationale et le développement équitable des provinces. «Ces assises, placées sous la conduite du ministère de l’Intérieur avec l’appui du SENAREC et du PNUD, traduisent la volonté collective de renforcer la gouvernance, préserver l’unité nationale et bâtir la résilience face aux menaces qui fragilisent notre vivre-ensemble», a-t-il ajouté.

Joseph Oji, représentant pays adjoint du PNUD, a rappelé que la RD-Congo traverse depuis plus de vingt ans des cycles de violence et des conflits complexes, souvent exacerbés par des influences extérieures et les fragilités internes, telles que les inégalités socio-économiques, l’exclusion et le manque de perspectives pour les jeunes. «La prévention exige une compréhension fine des facteurs qui la nourrissent et de l’environnement dans lequel elle se développe. Agir en amont est un impératif. La prévention est toujours coûteuse humainement, socialement et financièrement», a-t-il conclu.

Ces assises qui se tiennent du 03 au 06 novembre à Kinshasa, réunissent pour la première fois dans un même espace les représentants des ministères sectoriels, les gouverneurs et ministres provinciaux de l’Intérieur et du Plan, les administrateurs de territoires ciblés, les structures spécialisées du gouvernement central, les partenaires techniques et financiers, ainsi que la Société civile, les universités et les organisations de jeunesse.

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