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Guillaume Ngefa veut s’attaquer aux faiblesses structurelles de la justice congolaise avec une loi de programmation judiciaire

Réformer pour restaurer la confiance. Face aux nombreux défis que traverse la justice congolaise, le ministre d’État chargé de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, veut rompre avec les réformes partielles du passé. Lors d’une mission de travail à Kisangani, chef-lieu de la Tshopo, il a annoncé la préparation d’une loi de programmation judiciaire destinée à structurer dans le temps la
modernisation du système judiciaire.

Cette loi, a-t-il précisé, viendra offrir une réponse institutionnelle et budgétaire aux déficits logistiques, techniques et financiers qui minent la qualité du service public de la justice.

«Nous savons combien les difficultés actuelles fragilisent l’équité de la justice. C’est pourquoi nous avons entrepris cette mission à Kisangani pour examiner ces conditions», a déclaré le ministre.

Un constat sans détour

Dans plusieurs juridictions du pays, les réalités sont préoccupantes: tribunaux dépourvus de matériel de base, magistrats confrontés à des retards de rémunération, et citoyens désabusés face à la lenteur des procédures.

Pour Ngefa, cette situation compromet le principe fondamental d’égalité devant la loi, et nécessite une réponse globale, cohérente et durable. C’est dans cet esprit que le ministère de la Justice souhaite établir une planification pluriannuelle des investissements nécessaires à la mise à niveau du système judiciaire.

La future loi s’articulerait autour de trois axes majeurs: le renforcement des capacités humaines à travers la formation continue des magistrats et greffiers; l’amélioration des infrastructures et équipements des cours et tribunaux ainsi que la
modernisation numérique du système judiciaire pour accélérer le traitement des dossiers et améliorer la transparence.

Une justice au service du citoyen

Guillaume Ngefa a également insisté sur la dimension éthique de cette réforme. Il appelle les magistrats à une rigueur absolue dans le respect de la loi et à une indépendance à toute épreuve.

«Nous avons demandé aux magistrats de s’en tenir à la légalité dans toutes leurs actions», a-t-il martelé, rappelant que la crédibilité de la justice dépend d’abord du comportement de ceux qui l’incarnent.

Cette démarche s’inscrit dans la volonté du gouvernement de replacer la justice au cœur du renouveau institutionnel et démocratique du pays. Pour le ministre, la réforme de la justice
est aussi une réforme de la confiance publique: la justice doit redevenir un instrument d’équité et de paix sociale.

Une vision pour l’avenir

En prônant cette loi de programmation judiciaire, Guillaume Ngefa s’inscrit dans une logique de réformes structurelles de long terme, loin des mesures conjoncturelles. Il souhaite bâtir un cadre qui garantisse la pérennité des ressources allouées au secteur judiciaire, indépendamment des aléas politiques.

Cette initiative, saluée par plusieurs acteurs du milieu juridique, pourrait marquer un tournant décisif pour la justice congolaise, longtemps perçue comme affaiblie et sous-équipée. Si le projet aboutit, il offrirait à la République Démocratique du Congo un modèle de justice plus fort, plus moderne et plus digne de la confiance de ses citoyens.

Natine K.

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