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Guerre en RDC: Dr Mukwege appelle à une mobilisation internationale

Le Prix Nobel de la paix 2018, Dr Denis Mukwege, a réagi, vendredi 22 août 2025, aux récents rapports de Human Rights Watch et d’Amnesty International sur les atrocités commises en juillet dernier dans le territoire de Rutshuru, dans la province du Nord-Kivu, partie occupée par le groupe armé M23, soutenu par l’armée rwandaise. Il a, une fois de plus, réitéré son appel à des sanctions fortes et coordonnées contre les auteurs.

«Les États et les institutions qui cherchent à restaurer la paix dans la Région des Grands lacs ne pourront faire l’économie de la justice et nier les millions de victimes RD-congolaises. Nous réitérons notre appel aux Nations unies, à l’Union européenne et aux États à adopter, sans plus tarder, des sanctions fortes et coordonnées contre la hiérarchie militaire et politique responsables de la commission de ces crimes les plus graves à l’encontre des populations civiles, et à mobiliser les ressources pour mettre en place un Tribunal pénal international pour la RD-Congo, des chambres spécialisées mixtes et la mise en œuvre de tous les outils de la justice transitionnelle en RD-Congo», a-t-il déclaré dans sa déclaration rendue publique le 22 août 2025.

Le fondateur et directeur médical de l’hôpital de Panzi a dénoncé «le recours généralisé à la violence sexuelle comme méthode de guerre par l’ensemble des parties au conflit, notamment par le M23, dont le contrôle et la direction de facto sont assurés par les Forces de défense rwandaises». Il a également alerté sur des informations crédibles recueillies par Human Rights Watch et Amnesty International concernant des massacres commis à grande échelle en juillet dernier, dans le territoire de Rutshuru, à l’encontre principalement de civils d’origine hutue.

D’après lui, ces actes rappellent les crimes les plus graves commis à l’encontre des Hutus en 1996 et 1997 et répertoriés dans le rapport Mapping des Nations unies. «Presque 15 ans après la publication du rapport Mapping, les rapports récents de la Société civile et des Nations unies doivent interpeller», a-t-il signifié.

Et de poursuivre: «la Communauté internationale ne peut plus fermer les yeux sur cette tragédie et a l’obligation morale et juridique de mettre fin à l’impunité pour éviter la répétition de ces crimes les plus graves». Selon l’ancien candidat à l’élection présidentielle de 2023, seule la fin de l’impunité permettra d’éviter la répétition de ces crimes les plus graves, qui constituent des crimes de guerre et pourraient relever de la Cour pénale internationale -CPI-, laquelle a réactivé ses enquêtes en RD-Congo en octobre 2024, avec un focus particulier sur les crimes commis au Nord-Kivu depuis 2022.

Hénoc AKANO

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