
«La situation sécuritaire dans l’Est de la RD-Congo: évolution des opérations militaires et mobilisation générale», tel est le thème au cœur du briefing spécial co-animé, samedi 25 janvier dans la nuit par le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya Katembwe, son collègue du Commerce extérieur, Julien Paluku, et le porte-parole des Forces armées de la RD-Congo, le Général Ekenge.
Cette rencontre qui a eu lieu dans un contexte caractérisé par la montée d’un cran de la tension dans l’opinion à la suite des informations combien alarmantes en rapport avec les opérations militaires sur le terrain où le Rwanda affiche sa détermination à s’emparer de la ville de Goma. A cela s’ajoutent des fake-news et autres faits mensongers distillés à longueur de journées par des réseaux sociaux acquis à la cause de l’ennemi, que le ministre Muyaya considère comme «le poison rwandais». Dans son mot introductif, le porte-parole du gouvernement n’a pas manqué de souligner le caractère grave de cette situation, laquelle «requiert de notre part une communication régulière pour nous préserver du poison rwandais».
Poursuivant, il a rendu hommage à un vaillant militaire qui est décédé car, il défendait la province du Nord-Kivu qu’il dirigeait comme gouverneur militaire, en la personne du Général-Major Peter Cirimwani dont «l’annonce du décès a été faite vendredi 24 janvier au Conseil des ministres, par le ministre de la Défense et Anciens combattants, avant que, par la suite, le Président de la République fasse observer une minute de silence, promettant des funérailles dignes de son rang».
Il a ensuite eu les mots qu’il faut en vue de rappeler le bombardement observé sur des sites stratégiques, dans le seul but de priver la ville de Goma d’eau et d’électricité, y compris les bombardements systématiques des Casques bleus de la MONUSCO, qui, comme tous les autres, sont documentés». Prenant à son tour la parole, le porte-parole des Forces armées de la République démocratique du Congo -FARDC- a dit un mot en mémoire de l’illustre disparu: «Nous, militaires avons signé un pacte avec la mort car, nous mourons pour la République. C’était un brave officier dont la bravoure était sans égal. Il a échappé plusieurs fois à la mort, au total 24 fois. Il est tombé au champ d’honneur et ne reculait pas devant le danger. Lui, il est parti, mais la RD-Congo reste», a-t-il indiqué.
Le porte-parole des FARDC est également revenu sur les circonstances ayant conduit à son décès. «Quand la situation a empiré du côté de Sake, le gouverneur militaire était obligé de s’y rendre pour encourager les troupes au front et stopper l’avancée de l’ennemi. C’est alors que les snipers de l’armée rwandaise l’ont identifié et tiré sur lui. Un de ses gardes est tombé avec lui et deux autres sont blessés», a-t-il expliqué aux professionnels des médias.
En sa qualité d’ancien gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku, a aussi rendu hommage au défunt. «C’est avec lui qu’on a eu à défoncer les plans de l’ennemi. Il a été Commandant des Opérations Sokola 1 et 2. Sa bravoure est reconnue de tout le monde. Il avait le sens de l’organisation des troupes. Sa mort, au-delà de la tristesse de tous les RD-Congolais, doit raviver en nous une détermination de mettre définitivement un terme à cette agression, à ces rebellions qui n’ont fait que trop durer. Plus de 10 millions de morts, plus de 500 mille femmes violées et beaucoup de déplacés dans des camps. C’est trop et c’est le moment de voir le sang de Cirimwani venger tous ceux qui sont tombés pour que finalement la guerre en RD-Congo cesse», a insisté Paluku Kahongya.
Au sujet des opérations sur le terrain, le Général Ekenge a souligné l’engagement des vaillants FARDC face à l’ennemi. «Le M23 est déterminé à s’emparer de Goma, mais nos vaillants FARDC et Wazalendo appuyés par SAMI DRC et la MONUSCO, eux aussi sont déterminés à défendre becs et ongles la patrie et la ville de Goma. Et les combats se poursuivent encore sur terrain et nos troupes ont réussi à repousser les troupes du Rwanda qui ont même fait sortir les chars de combat», a-t-il fait savoir. Par ailleurs, le ministre Muyaya n’a pas omis de mettre en garde contre le poison rwandais.
«Le poison du Rwanda, c’est la désinformation et les fake-news. Ils ont déversé en cascades les fake-news tendant à dire qu’un nouveau gouverneur militaire a été nommé en remplacement du défunt. Ce qui est totalement faux. C’est vrai que le relai a été pris par le vice-gouverneur, mais il n’est pas nommé», a souligné le ministre Patrick Muyaya. Il a insisté sur le fait que les efforts sont engagés pour rétablir l’électricité dans la ville de Goma et produire de l’eau. Il a appelé la population au calme face à la tendance de semer la terreur à Goma.
À ce sujet, le ministre Paluku, en sa qualité d’ancien gouverneur, a rappelé que ce modus operandi du Rwanda n’est pas nouveau. «Le Rwanda utilise la manipulation pour préparer le terrain à l’entrée de ses troupes. Le but est de révolter la population contre le pouvoir établi, asphyxier la population de Goma qui l’est déjà», a-t-il indiqué.
Le ministre de la Communication et Médias a invité les RD-Congolais de tout bord à se mobiliser et à se ranger derrière le Chef de l’État Félix-Antoine Tshisekedi et les FARDC, mais également à faire bon usage des réseaux sociaux et surtout à avoir un esprit critique face aux différents messages qui y circulent. Ce même message a été également relayé par les deux autres animateurs du briefing affichant la détermination du Président Tshisekedi et des FARDC à vaincre coûte-que-coûte l’ennemi.