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Guerre dans l’Est: Kamerhe arrache le soutien de l’APF

La 49ème session de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie -APF-, tenue en début de semaine à Montréal au Canada, s’est clôturée avec la résolution signée par une trentaine de pays condamnant le Rwanda, lui-même membre de l’Organisation internationale de la Francophonie -OIF- et dont une ressortissante assure le lead. Portée par Kamerhe, président de l’Assemblée nationale et chef de la délégation RD-congolaise, la résolution condamne, en plus du Rwanda, l’Ouganda, pour leur rôle dans l’entreprise de la déstabilisation de la RD-Congo.

Bien plus, la résolution, loin de s’arrêter à une simple condamnation, exige le retrait des troupes rwandaises et ougandaises du territoire RD-Congolais. Une précision qui parait clairement comme une victoire de la diplomatie parlementaire de Vital Kamerhe. Présent et signataire de la résolution, le président de l’Assemblée nationale suisse a dit soutenir la paix, le dialogue, la diplomatie parlementaire, mais aussi le droit international. «Le fait que les frontières internationales soient respectées, c’est très important. Vous avez tout mon soutien», a-t-il dit à son homologue de la RD-Congo.

Pour sa part, le chef de la délégation ivoirienne a marqué son soutien au Président Tshisekedi et au peuple RD-congolais «dans leur volonté de faire en sorte que la paix revienne de façon sincère et définitive entre la RD-Congo et le Rwanda». Même réaction du côté du président de l’Assemblée nationale sénégalaise, convaincu que «les problèmes en Afrique doivent se régler en Afrique et par les Africains». Pour lui, les Africains «ont la capacité» et «sont bien formés» pour régler leurs différents, affichant ainsi sa confiance en la feuille de route de Luanda que Kinshasa reconnait comme seul et unique cadre pour le retour de la paix.

L’Ouganda, cet autre agresseur de la RD-Congo

Longtemps oublié, le rôle de l’Ouganda dans cette guerre d’agression est de plus en plus indexé. Lors de ses premiers mots à la suite de son retour au perchoir de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe avait dénoncé cette implication de Kampala. Quelques jours en arrière, il a été l’un de premiers officiels de la RD-Congo à évoquer «l’agression rwando-ougandaise», au sortir d’une audience avec le Chef de l’Etat. Le récent rapport du groupe d’Experts des Nations-Unies a également épinglé l’Ouganda qui est pourtant engagé dans une opération conjointe FARDC-UDPF contre les ADF-NALU en Ituri et dans la région de Beni.

Kamerhe a lui profité de la 49ème session de l’APF pour dénoncer «l’hypocrisie» de la Communauté internationale pour son «silence assourdissant», alors que ces «deux pays africains -Ouganda et Rwanda- sont sur le territoire RD-congolais avec leurs troupes et lancent des missiles avec des armes sophistiquées». Un discours qui a particulièrement captivé l’assistance, éprise de compassion en faveur de la cause RD-congolaise.

Dans l’autre sens, Louise Mushikiwabo, ancienne chef de la diplomatie rwandaise, devenue Secrétaire générale de l’OIF a été prise de court. Dans son discours, la n°1 de la Franchophonie avait pourtant pris le soin de snober la RD-Congo sur la liste des pays francophones en proie à l’insécurité. «Je préfère croire que c’est un oubli plutôt qu’une subtile façon de ne pas citer la présence des troupes rwandaises sur le territoire RD-congolais ou des troupes ougandaises», a ironisé Vital Kamerhe.

Interrogé par des journalistes RD-congolais présents à Montréal sur cette ommission, Mushikiwabo a peiné à convaincre, déboussolée, la queue entre les pattes, préférant boycotter la presse. De son côté, Kamerhe engrange une belle victoire diplomatique avec cette Résolution qui somme le Rwanda, membre de l’OIF, et l’Ouganda à retirer, de la RDC, leurs troupes.

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