
Consécutivement à la résolution du Conseil des ministres du vendredi 28 juin 2024, les nouveaux horaires de service au sein de l’administration publique portés par le Décret n°24/09 du 17 février 2024 sur le règlement relatif à la discipline sont entrés en vigueur depuis jeudi 1er août comme l’indique clairement la note circulaire que le vice-Premier ministre en charge de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, a adressée aux responsables des administrations et services publics. Dans cette note, le patron de l’administration publique explique bien les questions liées à la durée de service, aux retards et absences ainsi qu’à la gestion des présences au service.
Concernant la durée de service, la circulaire adressée aux secrétaires, directeurs et inspecteurs généraux est précise: «la durée de service est fixée à 8 heures de travail par jour, et 40 heures par semaine. La semaine de travail passe donc de 6 à 5 jours de travail, soit du lundi au vendredi, de 8h 00 à 16 h, avec une pause d’une heure, soit de 12h 00 à 13 h 00». Dans la nouvelle règlementation, désormais le samedi devient un jour non ouvrable sauf pour des services présentant certaines spécificités, permettant ainsi aux agents, d’une part, de s’adonner notamment aux activités agro-pastorales dans le cadre des mesures incitatives à la diversification de l’économie et, d’autre part, de trouver l’équilibre nécessaire conciliant la vie professionnelle avec la vie familiale. Quant aux retards et absences au service, la note circulaire du vice-Premier ministre
Jean-Pierre Lihau est très claire. «L’agent qui arrive entre 8 h 30 et 09h30 est retardataire, et s’expose à des sanctions disciplinaires autres que la révocation. Celui qui arrive au-delà de 09 h30 est réputé absent. Les agents bénéficient donc d’une tranche de grâce, allant de 8h 00 à 8h 30, c’est une tranche non sanctionnable. L’agent qui totalise 08 retards au cours d’un même mois, reçoit un blâme. S’il totalise plus de 8 retards au cours de la même période, il subira une sanction supérieure au blâme mais autre que la révocation». Et de poursuivre: «quatre absences non justifiées au cours d’un mois peuvent conduire à la révocation de l’agent. Par ailleurs, l’absence prolongée non justifiée durant 30 jours, au moins, entraine la démission d’office de l’agent au sein de l’administration publique. En tout état de cause, tout retard ou absence injustifiés entraine une conséquence pécuniaire correspondant au temps non presté, suivant les modalités définies par arrêté ministériel de la Fonction publique».


La gestion des présences est aussi prise en compte dans le Décret qui réaménage les horaires de travail au sein de l’administration publique. «Les listes de présences seront retirées chaque jour à 9h30 et transmise directement, par l’agent commis à la tâche, auprès du DRH sectoriel. Chaque lundi, au plus tard à 11h00, le service des Ressources humaines est tenu de transmettre au responsable administratif sectoriel SG, DG et IG le rapport des présences de la semaine précédente. La Fonction publique reçoit les rapports des présences, retards et des absences une fois tous les 3 mois», précise bien Jean-Pierre Lihau dans la note circulaire.
Et d’ajouter: «ne peuvent recevoir des visites que les agents qui ont, au moins, le grade de chef de bureau. Seules les visites de services sont autorisées. Elles ont lieux exclusivement entre 10h00 et 12h00. Après l’expiration de son congé de maternité, tout agent féminin qui allaite un enfant de moins de 6 mois a droit à une demi-journée par jour de repos pour lui permettre d’assurer l’allaitement du nourrisson. Pour ce dernier point, le Président de la République, Chef de l’État, champion de la masculinité positive, a levé personnellement cette option qui est un progrès majeur pour les droits des femmes».
Aux agents et fonctionnaires de l’Etat, le vice-Premier ministre Jean-Pierre Lihau a lancé un message interpellateur et de rappel à l’ordre. «Si nous voulons changer notre pays, nous devons d’abord commencer par changer nous-mêmes dans notre comportement et dans notre façon de faire les choses. Sous le prétexte récurrent des embouteillages, il est inadmissible de venir au travail à midi pour repartir à 14 heures», a-t-il exhorté.
Et de marteler: «je pense humblement qu’il est temps de remettre un peu d’ordre dans la maison. Dans cette dynamique de changement, je me place et me placerai toujours du côté des fonctionnaires, notamment en ce qui concerne la conquête des droits: moyens de transport, mécanisation, titularisation, promotion en grade, régularisation, risques professionnels, allocations diverses. Nous allons petit à petit tous à les conquérir mais un fonctionnaire ne dispose pas que des droits, il a aussi des devoirs et c’est mon rôle que de le rappeler. L’enjeu, aujourd’hui, est donc celui de concilier les droits et les devoirs. Cela n’est pas pour nous une option, c’est un impératif». A dater du jeudi 1er août, l’administration publique RD-congolaise travaillera de lundi à vendredi et cela de 8 h à 16 h avec une pause d’une heure, soit de 12 heures à 13 heures. Désormais, samedi devient un jour de repos devant permettre à tout agent public de l’Etat de s’occuper de sa famille et des activités agricoles. Une innovation jamais vécue.

