
En réponse à un climat malsain et de dysfonctionnement observé ce dernier temps au sein de l’Université pédagogique nationale -UPN-, la ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire -ESU-, Marie-Thérèse Sombo Ayanne Safi, a pris, lundi 26 août 2024, un arrêté ministériel n°28/MINESU/CAB. MINESU/CAB/MIN/SASMT/2024 portant désignation et nomination des membres du comité de gestion de l’Université pédagogique nationale. Il en ressort que la Professeure Ibebeke Bomwanga est nommée rectrice de cet établissement universitaire.
Elle sera accompagnée du Professeur Jean Lohaka Djonga comme nouveau secrétaire général académique, de Albert Phongi Kingiela nommé secrétaire général à la recherche, et aussi de Benita Nyakakonda Cibonga comme secrétaire général administratif et de Sympho Ilunga Ngo, nommé administrateur du Budget. L’on retiendra que cette nomination du nouveau comité de gestion est à considérer à moitié comme une réponse aux revendications des étudiants datant du lundi 26 août dernier et, aussi, fait suite à la visite de la ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire, Marie-Thérèse Sombo, 4 jours auparavant.
Dans son arrêté, la ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire a motivé sa décision par la prise en compte des conclusions du rapport des services compétents de l’Etat, en l’occurrence l’Inspection générale des Finances -IGF- sur les dénonciations vérifiées ainsi que le manque d’une gestion efficiente de l’établissement constaté lors de sa descente sur place à l’UPN, mercredi 22 août 2024 dernier.
La patronne de ce ministère avait inscrit cette visite dans le cadre des solutions aux problèmes posés par les étudiants de cette institution universitaire, en rapport avec la bonne marche des affaires de celle-ci. Approchée par la presse au terme de cette visite, elle avait livré son impression. «Les deux objectifs de ma descente à l’Université pédagogique nationale sont entre autres, de rencontrer les différents corps composant cet alma mater pour avoir les desideratas de tout un chacun et voir, de manière progressive, comment y donner des solutions», avait-elle dit.
Les étudiants observent
Après la prise, par la ministre de tutelle, d’un arrêté nommant un nouveau comité de gestion à l’UPN, d’aucuns auraient dû s’attendre à des scènes de liesse populaire sur le site du campus, question de célébrer le départ de l’ancien comité de gestion accusé de tous les maux. Rien du tout. Un tour effectué, mardi 27 août matin du côté de cette université publique, a permis de constater que les choses se déroulaient normalement au point que certains étudiants interrogés ont dit n’avoir rien à reprocher au comité déchu. D’autant plus que, à les croire, «le comité de l’ancienne rectrice a bien travaillé». Pour ce groupe d’étudiants, «il étudie dans de bonnes conditions et reçoit ces cours dans de beaux bâtiments».
Mais à la question concernant leurs attentes par rapport au nouveau comité nommé, «ils n’ont rien à dire ni en bien ni en mal par rapport à ce nouveau comité qu’ils ne connaissent pas encore. Donc, ils l’observent encore et ils le verront à l’œuvre». Comme pour dire que c’est encore tôt pour exprimer n’importe quel sentiment à l’égard d’un comité de gestion qui vient encore d’être nommé. D’autres, quant à eux, abordent dans le même sens, en émettant des réserves par rapport aux sentiments. Néanmoins, ils jettent la pierre au système LMD mis en place par l’ancien ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire, Muhindo Nzangi, lequel accuse beaucoup de faiblesses parmi lesquelles notamment l’évaluation fantaisiste des étudiants.
La preuve, ont-ils soutenu, certains d’entre eux sont montés dans la promotion supérieure avec des échecs lourds, y compris dans des cours à grande pondération sans avoir été délibérés. En clair, certains n’ont jamais réussi, mais ont la promesse de récupération une fois passés dans une promotion supérieure. Malheureusement, il arrive que la récupération en question continue à se faire attendre en même temps que la délibération. Cette désarticulation du système de l’enseignement, quoi que n’étant pas l’œuvre de la rectrice, est quand même mise sur son dos. Y compris d’autres accusations liées à la mégestion, dont elle porte le chapeau de culpabilité. En tout état de cause, ce changement à la tête de l’UPN met un terme aux manifestations des étudiants.
