
Le président de la Commission électorale nationale indépendante -CENI-, Denis Kadima Kazadi, a présenté, le mercredi 26 mai, en plénière, le rapport annuel 2025-2026 de la CENI. La séance, dirigée par le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, s’inscrit dans le cadre légal de recevabilité et de transparence institutionnelle. Déposé le 10 avril dernier, le document a été articulé en deux parties. La première dresse le bilan des opérations du cycle électoral 2022-2027. Denis Kadima a souligné la tenue des élections indirectes des sénateurs, gouverneurs et vice-gouverneurs au Kwilu et au Nord-Ubangi.
Ces scrutins, reportés après l’annulation des législatives à Masi-Manimba et à Yakoma, se sont déroulés «en toute transparence et sans incident majeur», permettant de restaurer la continuité institutionnelle dans ces provinces. La CENI avait également préparé les élections des conseillers urbains, des bourgmestres, des maires et de leurs adjoints. Mais faute de financement, ces consultations n’ont pas pu se tenir, malgré l’enregistrement des candidatures et la publication du calendrier. Le président de la CENI a précisé que cette situation ne résulte «ni d’une mauvaise planification ni d’une inaction», mais d’une contrainte budgétaire qui conditionne la réussite des opérations électorales.
La deuxième partie du rapport met en avant le renforcement des relations entre la CENI, les institutions nationales et les partenaires internationaux. Le 19 février 2026, la Centrale électorale a transmis officiellement ses données à l’Office national de l’identification de la population, contribuant à la modernisation administrative. Sur le plan régional, la RD-Congo a été élue à l’unanimité à la présidence du Réseau des organes de gestion électorale d’Afrique centrale, créé à Bujumbura. Concernant les perspectives, la CENI a mené une évaluation approfondie de la loi sur l’identification et l’enrôlement des électeurs ainsi que de la loi électorale. Elle propose des réformes visant à renforcer le cadre légal et la représentativité, à simplifier les procédures et à intégrer des innovations technologiques comme le dépôt électronique des candidatures en parallèle du dépôt manuel.
Denis Kadima a insisté sur l’ampleur des défis: organiser des élections sur un «territoire-continent», dans des conditions logistiques, sécuritaires et financières parmi les plus complexes au monde, et dans des délais contraints. «La réussite des élections de 2028 dépendra de la capacité des institutions, des forces politiques et sociales, des partenaires et des citoyens à faire de la question électorale une priorité nationale permanente», a-t-il déclaré. Les députés ont salué le travail de la CENI et plaidé pour la mise à disposition, en temps voulu, de moyens conséquents afin d’assurer un rendement optimal. L’Assemblée nationale a jugé recevable le rapport après examen de son contenu.
