
Le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, a procédé, le jeudi 6 août 2026 à Kinshasa, à la clôture des cliniques fiscales organisées dans le cadre des opérations visant l’implémentation de la réforme de la facture normalisée. À cette occasion, le ministre des Finances a sonné la fin de la récréation pour les récalcitrants à la réforme de la facture normalisée. «L’heure de la fraude à la TVA est révolue», a-t-il déclaré peu après avoir visité les différents stands aménagés à cette occasion. «Après toute cette longue période, il n’est plus possible d’évoquer un quelconque moratoire», a indiqué le ministre. La réforme de la facture normalisée a été initiée en 2017. Opérationnalisée le 1er août 2025 sous le leadership du Président de la République, Félix Tshisekedi, elle est devenue obligatoire le 1er décembre 2025 pour toutes les entreprises assujetties à la TVA et à l’ICG. Conscient des difficultés, le gouvernement a d’abord accordé un moratoire de deux mois à la demande de la Fédération des entreprises du Congo -FEC. Puis, une commission bipartite a été mise en place. Elle a abouti à des procès-verbaux d’harmonisation.
Enfin, 30 jours supplémentaires ont été accordés pour la mise en conformité. Pour accompagner les PME, l’État a même acheté, «sur ressources propres, plus de 4.000 unités de facturation et dispositifs électroniques fiscaux». Ces matériels sont mis gratuitement à la disposition des assujettis à la TVA. Le ministre les a appelés à se rapprocher de la DGI pour acquérir ces dispositifs. Le tournant est technologique. Grâce au système informatisé, le Trésor voit tout. «Nous avons des informations sur le niveau des écarts entre la TVA collectée et la TVA déclarée par chaque opérateur économique», a révélé le ministre Doudou Fwamba. Il a instruit la DGI de procéder «immédiatement à des sanctions ciblées».
Les contrôles viseront les entreprises frauduleuses, mais aussi des «agents de la DGI coupables d’abstention» qui valideraient une déduction de TVA sans facture normalisée. «Ne soyez pas surpris demain si des relances, des mises en demeure et des saisies sont opérées», a prévenu l’Argentier national. La rigueur commence à porter ses fruits. Sur les trois derniers mois, la mobilisation de la TVA est passée d’une moyenne de 280 à 290 milliards de francs congolais à 340 milliards. «C’est très largement en dessous du potentiel. Nous voulons doubler le niveau de mobilisation», a-t-il fixé. Pour Doudou Fwamba, la TVA reste «le premier impôt qui aide le gouvernement à financer les politiques publiques».
Cette mobilisation accrue des ressources doit permettre au gouvernement de disposer des moyens nécessaires à la mise en œuvre de sa politique et à la concrétisation des engagements pris par le Président de la République devant le peuple congolais. Les recettes collectées servent notamment à construire des routes, des écoles et des hôpitaux, ainsi qu’à financer les autres politiques publiques destinées à améliorer les conditions de vie de la population. Dans les semaines à venir, le gouvernement lancera une application mobile. Chaque consommateur pourra scanner une facture dans un supermarché pour vérifier si elle est normalisée et si la TVA payée est «encaissée par le Trésor public de manière instantanée». «Dans un État de droit, le rempart du doing business, c’est le respect des lois et des règlements», a conclu le ministre Doudou Fwamba en saluant le travail des équipes de la DGI.
Le message est clair: des entreprises citoyennes se sont déjà conformées. Pour les autres, la loi va s’appliquer.
Natine K.
