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Détenu depuis 5 mois, la CCDH réclame la libération immédiate de Me Médard Palankoy

La Chaire congolaise des droits de l’homme -CCDH- a organisé, vendredi 22 août 2025, un sit-in devant le ministère de l’Intérieur pour exiger la libération sans condition de Me Médard Palankoy, interpellé depuis le 14 mars 2025 dans son cabinet d’avocat. Selon l’organisation de défense des droits humains, Me Palankoy a été arrêté par des agents identifiés du Conseil national de cyberdéfense -CNC-, sans mandat ni décision judiciaire.

«Il nous revient, de sources recoupées et proches de l’avocat Médard Palankoy Lakwas, que ce dernier a été enlevé à son cabinet de travail vendredi 14 mars 2025 aux environs de 11 heures par une vingtaine d’hommes armés, parmi lesquels se trouvaient des policiers et des militaires de la Garde républicaine, sans mandat ni quelconque réquisition du Procureur général. Ils l’ont embarqué dans un minibus en présence de ses collaborateurs et des passants venus nombreux, au regard du déploiement militaire mis en place», rapporte le mémo de la CCDH.

L’organisation dénonce un «enlèvement» et une détention contraires aux lois en vigueur, qu’elle qualifie de violation flagrante des droits humains ainsi que des articles 18 et 19 de la Constitution, en plus des engagements internationaux ratifiés par la RD-Congo. Fait aggravant, Me Palankoy n’a eu droit à aucune visite durant ces cinq mois: ni de sa famille, ni de son avocat, ni de son médecin.

«Depuis son enlèvement, sa détention se déroule dans une opacité totale. À ce jour, ni sa famille, ni ses proches, ni ses avocats, ni son médecin, ni même les défenseurs des droits de l’homme n’ont le droit de visite», a souligné Me Éloi Mulansam lors de la lecture du mémo adressé au vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur. Il a ajouté que cette incertitude alimente une vive inquiétude quant à sa réelle preuve de vie, rappelant que le souvenir du cas Floribert Chebeya et Fidèle Bazana reste frais dans la mémoire collective.

«Si des charges pénales existent réellement contre lui, il doit être présenté à son juge naturel dans le respect des règles de droit», a-t-il insisté. Enfin, la CCDH a lancé un appel au vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, afin d’ouvrir une enquête sur cette détention arbitraire, de documenter les violations du droit de la défense et de plaider activement pour la libération de Me Palankoy.

Hénoc AKANO

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