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Depuis sa cellule de détention, Mutamba s’en prend à la justice et aux collaborateurs du Président Tshisekedi

«Ils ont cru m’humilier, mais ils ont plutôt humilié tout un pays, tout un continent…», a déclaré Constant Mutamba, ex-ministre d’Etat en charge de la Justice et Garde des sceaux, dans une lettre ouverte au peuple RD-congolais et africain, transmise notamment à «Jeune Afrique». Depuis sa cellule de détention, le chef de file de la Nouvelle génération pour l’émergence du Congo -NOGEC- a dénoncé avec la dernière énergie ce qu’il qualifie de «machination politique et judiciaire» destinée à le neutraliser.

Il a salué «la bravoure de la nouvelle génération africaine», qu’il a comparée aux figures historiques de la libération du continent: Lumumba, Sékou Touré, Sankara, Mandela, Nkrumah et Nyerere. «Par votre bravoure, vous avez su prouver au monde que cette nouvelle génération panafricaine et RD-congolaise a décidé de prendre en main son destin, à l’instar de nos pères fondateurs, dont Lumumba, Sékou Touré, Sankara, Mandela, Nkrumah et Nyerere», a-t-il écrit dans cette lettre poignante.

L’ancien candidat à l’élection présidentielle de 2023 a évoqué, dans cette correspondance, la perte de plusieurs militants au cours de ce qu’il décrit comme une «douloureuse lutte», à l’instar de Maître Alidor Kahisha et Madame Bonette Elombe, à qui il rend hommage en plaidant pour «des funérailles dignes d’une héroïne». Il a affirmé avoir été victime d’un «assassinat physique et politique avorté» à travers «des empoisonnements lâches» et d’une «condamnation injuste et illégale» orchestrée, selon lui, par des «officiers politiques RD-congolais et rwandais».

Il a accusé ces acteurs de nourrir un projet de domination visant à continuer à décimer les citoyens RD-congolais et à faire taire les voix critiques du système. Par ailleurs, il a également dénoncé l’existence de «réseaux mafieux politiques et judiciaires» qui, selon ses mots, ont «détruit notre pays» et qu’il dit avoir «combattus aux côtés du Chef de l’État». «Les réseaux mafieux politiques et judiciaires qui ont détruit notre pays et que nous avons ensemble combattus, aux côtés du Chef de l’État, m’ont imposé un procès illégal et déployé plus de 2 millions USD dans les médias pour me salir dans l’opinion et me faire disparaître de la scène politique. La Cour constitutionnelle, censée être impartiale pour stopper cet abus manifeste de droit, a plutôt résolu de mettre sous le paillasson les deux requêtes en inconstitutionnalité… Ce déni de justice confirme la thèse du complot politique», a-t-il dénoncé.

Dans cette lettre, l’ancien ministre d’Etat chargé de la Justice et Garde des sceaux a déclaré avoir été condamné à trois ans de travaux forcés et à la privation de ses droits civils et politiques pour un supposé détournement de 19 millions USD, un montant qu’il qualifie d’«imaginaire». Il a également affirmé que les fonds sont toujours logés à la banque.

À l’en croire, sa condamnation est avant tout «politique» et résulte d’une «violation flagrante des règles de procédure». Détenu depuis le 2 septembre 2025, il a déclaré être privé de soins, de visites et de moyens de communication. Face à cette situation, il dit avoir pris la plume comme «unique canal» pour s’adresser à ses compatriotes et livrer désormais sa «pensée politique et philosophique». Malgré ces conditions, il a exprimé sa reconnaissance à ses soutiens. «Je vous exprime ma profonde gratitude pour vos nombreux soutiens, avant, pendant et après ma détention injuste», a-t-il remercié.

L’ex-garde des sceaux s’est ensuite pris aux proches du Chef de l’État, qu’il a accusés de nuire à la Présidence elle-même. «Le Président Tshisekedi est le mal compris de ses collaborateurs censés l’aider et le protéger. En refusant de prendre des risques pour lui, ces collaborateurs combattent tous ceux qui l’aident réellement, en fabriquant des dossiers souvent faux pour les éloigner de la cour. Ils travaillent en réseaux», a-t-il insisté. Enfin, il a invité les RD-Congolais à poursuivre le combat pour une «justice libre et équitable, débarrassée des antivaleurs et des interférences politiques». Il a rendu hommage à Étienne Tshisekedi wa Mulumba, qu’il décrit comme «le père de la lutte pour le changement radical», appelant la jeunesse à ne pas céder à la peur.

Hénoc AKANO

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