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Déficit en nutriments en RDC: L’enquête du PRONANUT donne des pistes

Les résultats de cette analyse ont révélé que l’accès à une alimentation adéquate reste un défi pour les ménages et que certains micronutriments sont limités dans l’alimentation de bien des groupes spécifiques

En collaboration avec le Programme alimentaire mondial -PAM-, le Programme national de nutrition -PRONANUT- a organisé, jeudi 15 avril 2021 à Kinshasa, des échanges analytiques très riches et parfois révélateurs sur la manière de combler les déficits en nutriments en RD-Congo. Différents intervenants et spécialistes dans le secteur de nutrition comme le Dr John Makengo, Dr Damien Mahimana, tous deux du PRONANUT, et Mme Nora du PAM ont clairement démontré qu’en RD-Congo les opportunités d’amélioration de la nutrition, via le système alimentaire et à travers la multisectorialité, ne sont pas encore exploitées à la hauteur requise. Et que la capacité de production alimentaire globale et plus précisément la production d’aliments nutritifs tels que les produits frais et d’origine animale n’est pas à mesure de couvrir les besoins de la population.

Voilà pourquoi l’analyse FNG a débouché sur plusieurs recommandations ont été formulées dans les secteurs jugés moteurs de production. Une analyse pas comme les autres, c’est celle que le PRONANUT a présentée jeudi 15 avril à l’Hôtel Béatrice, dans la commune de la Gombe, en collaboration avec le PAM. Cette analyse FNG réalisée dans beaucoup de ménages sélectionnés dans onze provinces de la République, à savoir: Tanganyika, Haut-Katanga, Kwilu, Kasaï Central, Kongo Central, Kwango, Kasaï, Ituri, Lualaba, Nord-Kivu et Sud-Kivu, consistait à collecter des données primaires sur le coût de l’alimentation. Selon le Secrétaire exécutif du mouvement Sun RDC, directeur du PRONANUT, les résultats de cette analyse a révélé que l’accès à une alimentation adéquate reste un défi pour les ménages et que certains micronutriments sont limités dans l’alimentation de bien des groupes spécifiques.

De tous les exposés, il appert qu’en RD-Congo les opportunités d’amélioration de la nutrition ne sont pas encore exploitées à la hauteur requise et que la capacité de la production alimentaire globale et surtouts de la production d’aliments nutritifs ne suffit pas couvrir les besoins de la population. «Une alimentation nutritive composée de divers groupes d’aliments est deux à trois fois plus chère qu’une alimentation courante des besoins énergétique et reste inaccessible pour un ménage sur deux», a démontré l’analyse FNG. Compte tenu des défis identifiés par cette analyse, a-t-on expliqué, il est impératif que dans la mise en œuvre du Plan national stratégique multisectoriel pour la nutrition, que l’accent porte sur l’amélioration de la nutrition. Il a été également démontré que les femmes enceintes ou allaitantes, les adolescents et les enfants de moins de 2 ans doivent bénéficier des stratégies visant à améliorer les pratiques des soins et d’alimentation.

L’analyse FBG a débouché sur un certain nombre des recommandations relatives aux secteurs jugés utiles. Parmi ces secteurs, il y a lieu de signaler l’agriculture, la pêche, l’élevage, l’éducation, la santé, la protection sociale, le commerce, l’infrastructure, le secteur privé et l’énergie. Dans le secteur de l’agriculture, pêche et élevage, il a été recommandé d’identifier et renforcer les programmes existants visant à diversifier la production et l’approvisionnement en aliments nutritifs.

L’analyse a aussi recommandé de réduire les risques liés à la production des aliments nutritifs à travers les approches d’agriculture contractuelle et des approches d’assurance. De même que le renforcement des capacités sur l’intégration d’objectifs nutritionnels et l’intégration d’indicateurs de suivi d’amélioration de la diversité alimentaire dans les plans et programmes.

Il y a lieu de souligner que l’analyse a plusieurs objectifs. Informer sur l’évaluation et la reformulation du Plan national multisectoriel pour la nutrition, du plan stratégique du Pam, du plan de réponse humanitaire, identifier les contraintes liées à la faible disponibilité, accès limité et utilisation inadéquate des aliments nutritifs font partie des objectifs de cette analyse. L’Administrateur général du PRONANUT, Madame Jacquie Mayo, s’est déclarée satisfaite de cette étude qui a débouché sur des recommandations importantes.

Chada MBOMA

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