
Les rebelles du M23, appuyés par plusieurs milliers de soldats rwandais, ont poursuivi leur avancée dans le Kivu. Des vidéos partagées dans différentes plateformes des réseaux sociaux montrent des membres du M23/AFC positionnés à divers endroits stratégiques de la ville de Bukavu. Une occupation reconnue et dénoncée par les autorités RD-congolaises.
«Bukavu, Goma et tous les autres coins occupés dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu constituent le symbole de notre résistance», a déclaré le gouvernement RD-congolais, par le truchement du ministère de la Communication et médias, ajoutant que «contrairement aux résolutions de Dar-es-Salaam, aux appels au cessez-le-feu de la Communauté internationale y compris l’implication du Président français Emmanuel Macron, le Rwanda s’entête dans son dessein d’occupation, de pillages et de commission de crimes et des violations graves de droits humains».
Face à cette situation sécuritaire, le gouvernement a donné des consignes à la population, promettant de «mettre tout en œuvre pour établir l’ordre, la sécurité et l’intégrité territoriale» tout en invitant les habitants de cette partie du pays «à rester à la maison et à ne pas s’exposer pour éviter d’être la cible des forces d’occupations».
Au lendemain de l’annonce de l’entrée des rebelles du M23 à Bukavu, Emmanuel Macron a appelé à un cessez-le-feu immédiat dans l’Est de la RD-Congo et au retrait des rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, de la ville de Bukavu et de l’aéroport de Kavumu, exhortant Kigali à soutenir ces mesures d’urgence. Bukavu a été prise malgré le message du Président français Emmanuel Macron appelant au retrait du M23 de Bukavu et invitant le Rwanda à accompagner cette mesure.
Dans un message sur X, le Président français a indiqué avoir échangé avec son homologue RD-congolais, Félix Tshisekedi sur «la situation très préoccupante» dans la région. «Nous appelons à un cessez-le-feu immédiat qui doit être respecté par toutes les parties. Le M23 doit immédiatement se retirer de Bukavu. Des garanties de sécurité doivent être données pour permettre le retour sans des autorités civiles et militaires à Bukavu. Le M23 doit se retirer de l’aéroport de Kavumu et permettre les vols civils et humanitaires sans entraves», a déclaré le Président français, appelant le Rwanda «à soutenir ces mesures d’urgence».
Le même jour à Addis-Abeba, où se tenait un Sommet de l’Union africaine -UA-, Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, a déclaré que «le dialogue doit commencer» entre les parties belligérantes dans l’Est de la RD-Congo quelques heures de l’entrée des troupes AFC/M23 soutenues par le Rwanda à Bukavu. «Il faut éviter à tout prix une escalade régionale» dans le conflit qui ravage l’Est de la RD-Congo», a affirmé Antonio Guterres.