
La Cheffe de la Mission de l’ONU pour la stabilisation en RD-Congo -MONUSCO-, Bintou Keita, a dénoncé, mardi 8 septembre à Genève, l’attitude belliqueuse de l’Alliance fleuve Congo -AFC-, soutenue par l’armée rwandaise, qui impose des «persécutions inédites» aux activistes et journalistes. Dans les zones qu’il occupe dans l’Est de la RD-Congo, le mouvement rebelle s’emploie à réduire au silence toute voix discordante.
«Les abus des droits humains, avec notamment une multiplication des cas de détentions arbitraires, dans des zones sous contrôle du M23/AFC restent préoccupantes. Les acteurs de la société civile, les défenseurs des droits de l’homme et les journalistes font l’objet de persécutions inédites», a déclaré Bintou Keita lors de la 60ème session du Conseil des droits de l’homme. Dans la foulée, la cheffe de la MONUSCO a révelé que la mission onusienne continue d’abriter des civils dans ses bases à Goma et à appuyer la protection de certains de défenseurs des droits de l’homme, mais aussi des activistes de la société civile et des journalistes. Confrontée à plusieurs défis, principalement sécuritaires, la MONUSCO reste cependant déterminée à jouer un rôle central dans la protection des civils dans ses zones opérationnels, en Ituri et au Nord-Kivu.
«En 2025, la Mission a renforcé ses patrouilles dans les zones à haut risque, facilité le retour de déplacés dans certaines localités, et soutenu la lutte contre l’impunité», a expliqué la représentant du Secrétaire général de l’ONU en RD-Congo. Les données de la MONUSCO font également état d’une montée de l’activisme des Forces démocratiques alliées -ADF-, dans le grand nord au Nord-Kivu, mais aussi en Ituri. Ces deux derniers mois, ce groupe terroriste d’origine ougandaise a multiplié des attaques contre les civils dans ces deux provinces, causant la mort de 152 civils dont des femmes et des enfants.
Dans un autre registre, Bitou Keita a alerté sur la situation des victimes de violences sexuelles, particulièrement celle des femmes et des filles. Leur nombre augmente mais l’assistance ne suit pas. Pour la cheffe de la MONUSCO, il y a urgence alors que plus de 8 millions de personnes déplacées peinent à recevoir l’assistance humanitaire. Cela est dû à l’insécurité et au manque des ressources. Comme un symbole, au moins 13 travailleurs humanitaires ont été tués dans cette partie du pays depuis le début de l’année.
WIDAL


