
La situation est tendue à l’Assemblée provinciale du Kasaï Central. Le Capitole, siège de cette institution, est devenu inaccessible suite à la destitution du bureau élu par un groupe de 14 députés, et à l’installation d’un bureau d’âge censé organiser l’élection d’un nouveau bureau. Les 18 autres députés qualifient ces manœuvres de tentatives de déstabilisation de la province. Dans une correspondance virulente, ces 18 expriment leur désapprobation face à la lettre du vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo.
Cette lettre autorise le bureau d’âge, qui aurait été installé illégalement selon eux par les 14 autres députés provinciaux, à exercer ses fonctions. S’estimant majoritaires, comparé aux 14 premiers, le groupe de 18 accuse le VPM de l’Intérieur d’être de connivence avec les frondeurs.«Pendant que notre président se trouve à Kinshasa sur invitation de votre Excellence et sans qu’il ne soit fixé sur les résultats des consultations que vous avez bien voulu conduire, nous sommes désagréablement surpris de constater que votre autorité a pris fait et cause pour les frondeurs à travers votre courrier dont référence en objet, malgré les éléments probants mis à votre disposition», regrettent-ils.
Sans mâcher leurs mots, ils disent rejeter en bloc la démarche du patron de l’administration territoriale et l’invitent à revoir sa décision. «C’est pour toutes ces raisons que nous exprimons ici notre totale désapprobation et rejetons votre position contenue dans votre courrier précité, qui légitime les personnes qui violent délibérément la loi et le règlement intérieur de notre institution. Nous vous demandons de revenir au bon droit et d’en tirer toutes les conséquences qui s’imposent, en laissant agir la légalité seule. Ce sera la voie de la sagesse et de la raison, ce qui éviterait à la province du Kasaï Central des conflits qui ne font que retarder son développement», sollicitent-ils.
Ils en appellent à l’implication du Président de la République et de la Première ministre pour étouffer toutes ces manœuvres. «Par ailleurs, convaincus de la volonté du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui tient à la stabilité des institutions provinciales, vision matérialisée par la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, nous sollicitons vivement leurs implications pour étouffer toutes les manœuvres qui ne respectent pas la vision de la plus haute autorité du pays et décourager ainsi leurs auteurs», concluent-ils.
Soutien des Forces vives
Le mercredi 16 juillet, les forces sociales et politiques de la ville de Kananga ont organisé des manifestations dans les rues du chef-lieu du Kasaï Central contre l’ingérence du VPM de l’Intérieur dans la crise qui secoue l’Assemblée provinciale, née de la déchéance jugée illégale et irrégulière du bureau de cette chambre délibérante. Malgré l’interdiction de la marche décidée par le maire de Kananga, les forces sociales et politiques ont battu le pavé et les forces de l’ordre ont été débordées. Preuve de leur soutien total au bureau déchu illégalement. Devant le gouverneur intérimaire au gouvernorat, ces forces sociales et politiques ont, dans leur mémorandum, rejeté la prise d’acte de la déchéance du bureau de l’Assemblée provinciale par 14 des 34 députés provinciaux, en violation du règlement intérieur, ainsi que l’installation d’un bureau d’âge. Elles ont vivement encouragé les 18 députés provinciaux qui forment la majorité parlementaire à résister face à « l’anarchie » que tente d’installer le VPM Jacquemain Shabani en s’octroyant illégalement le pouvoir de tutelle sur les assemblées provinciales. La situation reste explosive à Kananga.
Octave MUKENDI
