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30 griefs à charge de Tshisekedi: Papy Pungu explique l’adresse de Kabila et défie l’Union sacrée de répondre sur le fond

Vingt minutes. C’est le temps qu’il aura fallu à Joseph Kabila pour se rappeler au souvenir des Congolais. Le 9 octobre 2026, en exil et loin du protocole de Kingakati, l’ancien président a diffusé une adresse qui fait l’effet d’une bombe à Kinshasa: trente critiques frontales contre la gouvernance de Félix Tshisekedi.

Le texte, désormais assumé et explicité par son proche, Papy Pungu Lwamba, ancien vice-ministre des Ressources hydrauliques, se veut plus qu’un règlement de comptes. C’est un acte d’accusation structuré en sept chapitres, qui entend installer Kabila en alternative morale.

Premier chapitre, le plus politique. Pungu reprend les mots de Kabila: personnalisation à outrance du pouvoir, dérive autoritaire, Constitution piétinée, institutions caporalisées et culte de la personnalité à la tête de l’État. Deuxième salve: la gouvernance. Le kabilisme dénonce l’institutionnalisation du tribalisme, le népotisme érigé en système, la stigmatisation de communautés entières et une cohésion nationale en lambeaux.

Le troisième front est celui des droits humains. Arrestations d’opposants, manifestations matées, libertés publiques sous cloche, assassinats présumés restés impunis et une justice gangrenée par la corruption. Le tableau est sombre, à dessein.

Sur l’économie, l’attaque est tout aussi directe. Paupérisation galopante, dilapidation des ressources, et surtout ce deal minier avec Washington, signé selon Kabila « au mépris de la continuité de l’État ». Un accord jugé opaque, qui ferait peser un risque existentiel sur la souveraineté.

Mais c’est sur le sécuritaire que le duo Kabila-Pungu appuie le plus fort. Une guerre à l’Est « que le gouvernement serait incapable de gagner », disent-ils, une armée régulière, les FARDC, déconsidérée au profit de mercenaires, des soupçons de collusion avec les Wazalendo et les FDLR, des bombardements aveugles autour de Goma et Bukavu, et une diplomatie de paix en échec, de Luanda à Doha.

Face aux répliques jugées parfois irascibles de l’Union sacrée, Papy Pungu sort sa botte: le défi sur le fond. « Qu’ils démontrent, point par point, preuves à l’appui, en quoi le diagnostic serait erroné », lance-t-il. « À un diagnostic politique, on oppose des faits, pas des insultes. »

Pour légitimer la démarche, la référence est soigneusement choisie: Kimpa Vita, Simon Kimbangu, Lumumba, Mzee Laurent-Désiré Kabila. Kabila fils ne serait pas un homme providentiel, mais « une référence politique » pour un sursaut. La formule qui clôt la tribune est calibrée pour frapper l’opinion: « Aucun homme au-dessus du Congo, aucune famille au-dessus de la République. »

RDC : LES 30 POINTS DU DIAGNOSTIC CRITIQUE DU PRÉSIDENT JOSEPH KABILA, FORMULÉS EN 20 MINUTES, QUI PROVOQUENT DES RÉACTIONS IMPULSIVES CHEZ LES CADRES IRASCIBLES DU RÉGIME DE FÉLIX TSHISEKEDI À LA SUITE DE SON ADRESSE DU 9 OCTOBRE 2026

I. Critiques sur le plan politique et institutionnel

  1. La personnalisation excessive du pouvoir.
  2. Le retour aux pratiques tyranniques et autoritaires.
  3. L’inconstance politique et le non-respect des engagements.
  4. La remise en cause de l’ordre constitutionnel.
  5. L’instrumentalisation des institutions publiques.
  6. Le culte de la personnalité.

II. Critiques sur la gouvernance, le tribalisme et la cohésion nationale

  1. L’institutionnalisation du tribalisme.
  2. Le népotisme et la gestion patrimoniale de l’État.
  3. La discrimination et la stigmatisation de certaines communautés.
  4. L’affaiblissement de la cohésion nationale.

III. Critiques sur les droits humains, la justice et les libertés publiques

  1. Les arrestations d’opposants et de voix critiques.
  2. La répression des manifestations et les restrictions des libertés publiques.
  3. Les assassinats présumés et la persistance de l’impunité.
  4. La corruption et les dysfonctionnements du système judiciaire.

IV. Critiques sur le plan économique et la souveraineté nationale

  1. L’aggravation de la misère et de la précarité de la population.
  2. La mauvaise gestion des ressources publiques.
  3. La personnalisation de l’accord minier conclu avec les États-Unis, au mépris du principe de continuité de l’État.
  4. Les risques d’atteinte à la souveraineté économique nationale liés à la conclusion d’accords dans l’opacité.

V. Critiques sur le plan sécuritaire et militaire

  1. Une guerre que le gouvernement serait incapable de gagner.
  2. Les insuffisances de la stratégie militaire et la méfiance envers les FARDC, au profit des mercenaires.
  3. Le non-respect présumé du cessez-le-feu de Doha.
  4. Les collaborations présumées entre certains éléments des forces armées et des groupes armés, notamment les Wazalendo, les FDLR et d’autres groupes.
  5. Les bombardements qui exposent les populations civiles à de graves risques.
  6. L’échec des initiatives diplomatiques de paix.

VI. Critiques sur la diplomatie et la recherche de la paix

  1. Le refus de rechercher un compromis politique.
  2. Le rejet ou la marginalisation des initiatives de médiation.
  3. La nécessité d’un dialogue national véritablement inclusif.

VII. Critiques sur la légitimité et la confiance envers le régime

  1. La perte de confiance de la population envers ses dirigeants.
  2. L’absence de changements significatifs malgré les avertissements formulés en 2025.
  3. La responsabilité historique des Congolais dans la défense de la nation et la préservation de son avenir.

UN DÉFI POLITIQUE : QUE LES CONTRADICTEURS RÉPONDENT SUR LE FOND !

Au regard de ces trente points, je lance un défi politique clair aux cadres, aux membres et aux sympathisants du régime de Félix Tshisekedi : qu’ils démontrent, point par point et preuves à l’appui, en quoi le diagnostic formulé par le président Joseph KABILA KABANGE dans son adresse du 9 octobre 2026 serait erroné.

La gravité des questions soulevées mérite mieux que des insultes, des invectives et des propos irrévérencieux dirigés contre la personne de leur auteur. En politique, la contradiction ne se règle ni par l’injure ni par l’intimidation, mais par la confrontation des idées, la force des arguments et la démonstration des faits. À un diagnostic politique, on oppose des faits et des contre-arguments, non des attaques personnelles.

Nous sommes des hommes et des femmes héritiers des luttes des résistants et des guides spirituels et messianiques tels que Dona KIMPAVITA et le prophète Simon KIMBANGU. Nous sommes attachés aux valeurs de l’éducation, de la dignité et de la responsabilité, ainsi qu’aux idéaux de nos héros nationaux, Patrice Emery LUMUMBA et Mzee Laurent-Désiré KABILA. Notre combat, éclairé par l’exemple de Pierre MULELE, de Christophe Gbenye, d’Antoine GIZENGA, de Gaston SOUMIALOT, de Nicholas OLENGA et d’autres figures de la résistance, n’a jamais eu vocation à se réduire à une opposition entre des individus. Il porte avant tout sur les systèmes, les méthodes et les pratiques de gouvernance qui, selon notre analyse, fragilisent l’État congolais, divisent notre peuple et compromettent l’avenir de la nation.

Notre engagement ne vise pas à servir des intérêts personnels, des ambitions particulières ou des calculs de clans. Il procède d’une conviction plus profonde : le Congo doit être sauvé pour son peuple, et non confisqué au profit de quelques individus. L’intérêt supérieur de la nation doit demeurer la boussole de toute action politique digne de ce nom.

De Patrice Emery LUMUMBA en 1960 aux luttes politiques de 1964, en passant par les bouleversements historiques de 1997, notre histoire nous enseigne une vérité fondamentale : le destin du Congo a toujours été au cœur des grands combats politiques de notre peuple. Ces événements, malgré la diversité de leurs contextes et de leurs enjeux, nous rappellent l’importance de la souveraineté nationale, de la dignité collective et de la maîtrise de notre propre destin.

Aujourd’hui, nous estimons que le flambeau porté par Patrice Emery LUMUMBA et Mzee Laurent-Désiré KABILA — celui de la souveraineté, de la dignité et de l’émancipation du peuple congolais — doit continuer à éclairer notre engagement. Dans cette perspective, nous considérons Joseph KABILA KABANGE comme une référence politique autour de laquelle peut se structurer une dynamique de redressement national, orientée vers la paix, la réconciliation, la restauration de l’autorité de l’État et la défense de l’intérêt général.

Toutefois, notre objectif n’est pas de substituer un homme à un autre, encore moins de remplacer un culte de la personnalité par un autre. Notre ambition est de promouvoir une conception de la République dans laquelle les institutions priment sur les individus, l’intérêt général sur les intérêts particuliers et la nation sur les ambitions personnelles. Aucun homme ne doit être au-dessus du Congo, aucune famille au-dessus de la République et aucun clan au-dessus du peuple.

C’est pourquoi nous invitons solennellement tous ceux qui contestent le diagnostic du président Joseph KABILA KABANGE à sortir du registre des invectives pour entrer dans celui du débat de fond. Qu’ils examinent les trente points, un à un, et qu’ils y répondent par des arguments vérifiables, des faits établis et des propositions crédibles. Qu’ils démontrent ce qui est faux, contestable ou incomplet. C’est ainsi que se construit un débat démocratique responsable et que se mesure la crédibilité d’un discours politique.

Car le Congo n’a pas besoin d’une confrontation stérile entre des personnalités ; il a besoin d’un débat national à la hauteur des souffrances de sa population et des défis auxquels son avenir est confronté. Il a besoin de vérité, de responsabilité, de justice, de paix et d’un véritable sursaut national.

L’heure n’est donc ni aux injures ni aux querelles de personnes. Elle est à la confrontation des idées, à l’examen rigoureux des faits et à la formulation de solutions concrètes pour sortir le pays de ses impasses politiques, sécuritaires, économiques et sociales.

défendre une vision politique sans faire d’un individu le substitut de la République. telle est notre conviction.

Le débat est ouvert. Nous attendons des réponses sur le fond, et non des attaques contre les personnes.

Le Congo avant les individus. Le peuple avant les clans. La République avant les ambitions personnelles.

Papy PUNGU LWAMBA

Vice-ministre honoraire des Ressources hydrauliques et de l’Électricité

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