Opinion: le pouvoir des magistrats contre les abus des magistrats!

Ce samedi 27 juin 2020, le Congo a connu un spectacle qui en a surpris plus d’un. Certains, à tort, festoyaient, et d’autres, étaient étonnés de ce que le vice-premier ministre, ministre de la Justice a été humilié par une procédure judiciaire irrégulière. Ces actes ont fortement justifié l’impérieuse nécessité que tout justiciable doit être protégé contre les abus de pouvoir des magistrats violateurs des procédures légales et artisans de l’arbitraire. Si un magistrat peut se permettre de chercher à arrêter, de manière cavalière, un vice-premier ministre en charge de la Justice et de surcroît garde des sceaux, que ne peuvent-ils pas faire aux citoyens lambda que nous sommes.

État de droit Oui, mais État de droit selon leurs intérêts et calculs politiciens de certains tireurs de ficelle Non. En réalité, les événements des dernières 24 heures ont inquiétés plus d’un congolais, et interpellés sur le bon sens et le bien fondé de certaines remarques pertinentes des lois proposées par les députés Minaku et Sakata en cours d’enrichissement à l’Assemblée nationale. Qui nous protège des magistrats véreux?

Qui nous protège du mauvais dire du droit par ces magistrats qui seraient pris dans l’ivresse de leur droit de faire peur à tout le monde sans freins et sans retenues. La République des droits des congolais doit primer sur la République des politiques et des juges, mais uniquement en plaçant des gardes fous pour pouvoir recadrer tout magistrat qui s’évertuerait à abuser de son pouvoir pour régler des comptes personnels ou servir des intérêts quelconques au détriment du bon droit. Les magistrats ne devraient-ils pas comprendre que nous souhaitons leur liberté d’exercer leur rôle dans notre société congolaise en quête de justice mais à la seule condition de respecter l’intégrité réelle dans la résolution avec objectivité de tout dossier sur leur table.

Imaginez le bonheur que nous tous congolais auront de savoir que devant un magistrat, il n’y a absolument rien à craindre si la raison et le droit est de notre côté.

Imaginez un Congo où les magistrats ne diront plus le droit en faveur de celui qui paie le plus.

Imaginez un Congo où les magistrats diront le droit du faible devant le fort, en respect du droit simplement.

Imaginez un Congo où les magistrats rétablissent le droit des victimes d’abus même de l’Etat vis-à-vis des individus, ou de tout autre forme de trafic d’influence n’a aucun effet sur le bon droit.

Imaginez un Congo où le citoyen sait que devant tout magistrat, il est plus présumé innocent que coupable.

Imaginez un Congo où un magistrat n’a pas que comme solution de vous arrêter pour vous terroriser afin de vous faire payer le maximum pour acheter la raison ou votre liberté. Un Congo où les magistrats nous rassurent de dire le bon droit pour que tous, citoyens, opérateurs économiques, politiques soyons fiers de notre justice.

Nous y croyons. Mais nous pensons aussi qu’a la lueur des derniers événements de cette semaine, il est plus qu’important qu’il y ait des gardes fous aux abus des exceptions de ce corps de métier que souhaite encourager le Président de la République pour asseoir un État de droit dont tout congolais rêve.

Henri Mutombo, libre-penseur –DGAOD