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Kabila-Gizenga: comment va le deal

A la lecture des accords politiques signés entre Antoine Gizenga et Joseph Kabila au second tour de l’élection présidentielle de 2006, le PALU a soutenu la candidature de l’Alliance de la Majorité présidentielle -AMP- et bénéficié en retour de la Primature. Un accord renouvelé en 2011 en faveur de Kabila arrivé aujourd’hui fin mandat stipulerait que le Président devrait à son tour soutenir le candidat président PALU en 2016
Dans quelques mois, Joseph Kabila arrive fin mandat. Selon la Constitution en vigueur, à son article 70, «le Président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. A la fin de son mandat, le Président de la République reste en fonction jusqu’à l’installation effective du nouveau Président élu». Tout le monde s’attend à l’organisation rapide du dialogue politique pour trancher en faveur de la tenue des élections dans les délais constitutionnels alors que la plus grande préoccupation du peuple reste la désignation de ses représentants pour la mandature 2016-2021 à travers des élections crédibles et transparentes. Du côté du Parti lumumbistes unifié -PALU, il y a un silence de mort. Qui du PALU et de la MP sera candidat président en 2016? Le suspense persiste. Où en est-on avec le deal politique, l’accord signé entre Kabila et Gizenga? Autant d’interrogations qui taraudent les militants de base.
L’actualité politique reste dominée par l’organisation des élections présidentielle et législatives nationales en novembre 2016 dont la tenue est hypothétique au vu des contraintes techniques et pécuniaires soulevées par la Commission électorale nationale et indépendante -CENI- qui a annoncé son intention de saisir la Cour constitutionnelle pour obtenir la prolongation de la date de convocation des scrutins. Même si la Majorité présidentielle -MP, coalition au pouvoir, est favorable à cette prolongation, l’Opposition et la Société ne jurent que par l’organisation des élections et s’opposent à toute idée de glissement. Selon certains analystes et acteurs politiques, la résolution 2277 vient enfoncer le clou: «le Conseil de sécurité de l’ONU convie les acteurs politiques RD-congolais à organiser les élections dans les délais constitutionnels», affirment-ils. Question d’éviter des violences en RD-Congo. Pour l’ONU, le pays doit également organiser le dialogue politique pour sortir de cette impasse.
Du côté PALU, il y a un silence de cimetière. Pas de réaction officielle sur la question du délai constitutionnel ni sur d’autres faits d’actualité. A la lecture des accords politiques signés entre Antoine Gizenga et Joseph Kabila au second tour de l’élection présidentielle de 2006, le PALU a soutenu la candidature de l’Alliance de la Majorité présidentielle -AMP- et bénéficié en retour de la Primature. Un accord renouvelé en 2011 en faveur de Kabila dont le dernier mandat constitutionnel expire dans quelques mois, stipulerait que le Président devrait, à son tour, soutenir le candidat PALU à la présidentielle de novembre 2016.
Où en est-on avec le deal entre Kabila et Gizenga? Le suspense règne. Pourtant, il est minuit moins. Postuler à la présidentielle et aux législatives nationales demande aux candidats des préalables d’ordre stratégique, pécuniaire et logistique. Entre autres, la préparation et la sensibilisation de la base. Le PALU est réputé parti des masses. Depuis les élections de 2011, la formation gizengiste a connu plusieurs fois le changement des membres de son bureau politique. En dehors de l’organisation de son jubilé d’or l’année passée, aucune autre activité de grande ampleur n’est organisée pour stimuler les électeurs. C’est comme s’il y avait un malaise au sein du parti du patriarche de Gungu, 91 ans d’âge. Qu’est-ce qui explique cet immobilisme? Le PALU s’est-il écarté de sa ligne?
La création du PALU remonte à l’année 1960 car sa gestation a commencé en octobre 1960, avec la décision de former un seul parti politique, nationaliste et progressiste, décision prise par les leaders de 4 partis nationalistes qui avaient obtenu la majorité aux élections en 1960 et qui avaient formé le Gouvernement légitime et démocratique du Congo indépendant. Il s’agit du Mouvement national congolais -MNC- de Patrice Emery Lumumba; le Parti solidaire africain -PSA- d’Antoine Gizenga, les Baluba du Katanga -BALUBAKAT- de Remy Muamba et de Jason Sendwe ainsi que du Centre de regroupement africain -CEREA- d’Anicet Kashamura et Marcel Bisukiro.
«Le PALU est né sur fond de deux problèmes fondamentaux de base liés à l’existence et à la survie même de la Nation congolaise, à savoir: la préservation de l’indépendance et de l’unité du Peuple congolais sur tout le territoire du Congo et l’existence indispensable d’un bloc politique nationaliste fort afin de garantir cette indépendance et cette unité et de maintenir en permanence le peuple dans les idéaux patriotiques, nationalistes, progressistes et panafricanistes», rappelait Gizenga à la base de ce parti dans l’un de ses précédents discours.
«Pour préserver l’unité des nationalistes de la Gauche congolaise, la Direction politique du Parti a donné des consignes répercutées dans les Cellules et portées à la connaissance de tous les militants, à savoir voter Joseph Kabila en 2006 et 2011 en attendant le tour du PALU en 2016», rappelle un cadre du parti, inquiet du fait que rien, dans le contexte actuel, ne rassure quant au respect de ce deal politique. «Le PALU a peiné pour se constituer un groupe parlementaire digne parce qu’il n’a pas réuni le nombre requis alors que ses alliés de la Majorité se sont taillés la part du lion à l’issue des législatives de 2011. Le parti a perdu en termes de prestige et de quota au gouvernement. Tendance confirmée à l’issue des élections des gouverneurs des provinces, où il n’a pu aligner que deux listes dans le Kwango et le Kwilu. Au finish, le parti doit se contenter d’un seul gouvernorat, celui du Kwilu», se lamente-t-on. A cette allure, est-il encore permis de rêver de la matérialisation du deal avec Kabila? Le Président devrait-il soutenir une candidature issue du PALU à la prochaine présidentielle? Le PALU va-t-il présenter une candidature? Qui portera ses couleurs? Quelles sont les stratégies mises en marche par le PALU pour concrétiser ce compromis négocié avec Kabila? Autant de questions lancées dans les milieux de base du PALU au moment où les états-majors politiques annoncent, les uns après les autres, les noms de leurs candidats respectifs à la prochaine présidentielle.
Octave MUKENDI

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