
Candidate à la présidence de la Ligue nationale de football féminin -Linaff-, la journaliste Arlette Butela n’est pas venue en simple spectatrice. Jeudi, elle a porté la voix des anciennes internationalistes, celles qui ont porté les couleurs nationales lors de la Coupe du monde éditions «Russie 2006» et «Chili 2008» jusqu’au bureau du ministre des Sports, Didier Budimbu. Résultat: un succès politique et symbolique qui pourrait changer la donne pour ces joueuses historiques.
Au cours de l’entretien, Arlette Butela, déjà surnommée dans les milieux sportifs «Maman Linaff», a plaidé pour une reconnaissance officielle et une prise en charge durable de ces femmes dont le parcours a longtemps été relégué au second plan. Sa démarche a visiblement trouvé écho. Le ministre Budimbu a annoncé qu’il reconnaîtrait ces anciennes internationales «au même titre» que les Léopards messieurs, champions d’Afrique en 1968 et 1974 et ayant participé aux phases finales mondiales la même année, soulignant ainsi la nécessité d’une égalité de traitement mémoriel et institutionnel.
Au‑delà du symbole, la mesure contient une dimension concrète: les joueuses seront «mécanisées», a précisé le cabinet ministériel. Dans le jargon local, la mécanisation renvoie à une intégration administrative destinée à garantir un emploi stable et une rémunération régulière. Autrement dit, il s’agit d’inscrire ces anciennes athlètes dans des dispositifs professionnels pérennes, susceptibles de reconnaître et de valoriser leur apport au patrimoine sportif national.
L’annonce a déjà une portée symbolique non négligeable. Elle envoie un signal fort en faveur de la reconnaissance des carrières féminines dans un pays où l’héritage sportif des femmes a souvent été ignoré. Elle renforce également la stature d’Arlette Butela, qui, de candidate, se profile en actrice capable de mobiliser l’État autour de causes longtemps laissées en marge.

