Politique

Le M17 Kikukama propose l’instauration d’une 4ème République à régime parlementaire

Tout en dénonçant son exclusion, le Mouvement du 17 mai -M17-, parti d’anciens compagnons de Mzee Laurent Désiré Kabila, s’est dit désireux de participer au dialogue politique national et inclusif initié et convoqué par le Chef de l’Etat Joseph Kabila et dont les facilitations sont assurées par Edem Kodjo, ancien Premier ministre togolais. Ayant le courage de ses idées, Augustin Kikukama, Secrétaire général du M17, a estimé que ce forum national doit être l’occasion propice où les RD-Congolais devront procéder à des grandes reformes. Notamment celle de la Constitution actuelle en vue de l’instauration d’une 4ème République qui, selon lui, devra être conduite par un Premier ministre choisi par consensus. «La convocation par Ordonnance du Président d’un nouveau dialogue et l’acceptation de celui-ci par la majorité des anciens belligérants, parties prenantes au Dialogue de Sun-City, prouvent à suffisance les limites d’application de l’actuelle Constitution dans la gouvernance de la RD-Congo. Le dialogue doit être une passerelle ou un tremplin vers l’élaboration de la Constitution de la 4ème République que nous voulons à régime parlementaire», a indiqué Augustin Kikukama. A l’en croire, le Président de la République devra céder certaines de ses prérogatives au Premier ministre qui sera redevable devant le Parlement.
Mercredi 20 avril dernier, devant un parterre de professionnels des medias, le Mouvement du 17 mai -M17-, a fixé l’opinion sur différentes questions brûlantes de l’heure. D’emblée, Augustin Kikukama, secrétaire général de cette formation politique, a réitéré le vœu de son parti de participer au dialogue politique national et inclusif convoqué par le Chef de l’Etat Joseph Kabila. Mais seulement, a-t-il dit, sa plus grande déception est de constater la tendance à vouloir réduire la participation à ce grand forum voulu inclusif aux seuls partis politiques sociétaires de la Majorité et de l’Opposition, alors que son parti n’appartient à aucune de ces deux tendances.
«Le dialogue est extraparlementaire. On ne peut pas nous imposer un dialogue Opposition et Majorité selon la Constitution en vigueur alors que le dialogue est lui-même extraconstitutionnel. Ce motif n’est pas valable ni légitime», a déclaré Augustin Kikukama. A en croire ses propos, cette exclusion va à l’encontre de la décision de la communication 346/07 de la Commission africaine des Droits de l’homme et des peuples du 29 juillet et 7 août 2015 et approuvée par son conseil exécutif au mois de janvier dernier à Addis-Abeba en Ethiopie. En fait, cette décision de la Commission des Droits de l’homme de l’Union africaine -UA- recommande à la RD-Congo en son point 107 alinéa IV, de reconnaitre l’existence légale du M17 et de veiller à ce que ce parti participe librement à l’animation de la vie politique en RD-Congo. A cet égard, le M17 a demandé à Edem Kodjo, le facilitateur désigné par l’UA pour la tenue du dialogue en RD-Congo, de tenir compte de toutes les sensibilités afin que tout le peuple RD-congolais puisse se retrouver dans les recommandations qui seront issues de ce forum. «La présence du M17 au dialogue est un état de nécessité, donc socialement utile pour le pays», a souligné le SG Kikukama.
Toutefois, pour le M17, la convocation de ce dialogue par Ordonnance présidentielle et son acceptation par la majorité des anciens belligérants qui sont à la base de l’actuelle Constitution, prouvent à suffisance les limites d’application de ce texte dans la gouvernance de la RD-Congo, caractérisée par l‘insécurité, les guerres à répétitions, la montée des antivaleurs, l’impunité, le détournement des deniers publics, la mauvaise organisation des élections et le non respect des cycles électoraux. Pour sortir le pays de ce gouffre, le M17 a estimé que le dialogue doit être l’occasion propice pour procéder à des grandes reformes, notamment celle de la Constitution actuelle, en vue de l’instauration d’une quatrième République. «Le dialogue doit être une passerelle ou un tremplin vers l’élaboration de la Constitution de la 4ème République avec un régime parlementaire», a confié Augustin Kikukama. A l’en croire, le Président de la République devra céder certaines de ses prérogatives à un Premier ministre qui sera redevable devant le Parlement. De l’avis du M17, le PM doit cesser d’être un simple figurant alors que c’est lui qui engage le Gouvernement et est soumis au contrôle parlementaire. Ce qui n’est pas le cas avec le Président de la République dont le discours sur l’état de la nation ne peut faire l’objet des débats au Parlement réuni en congrès.
Eviter les mauvaises élections
Sans épouser la thèse du glissement, le SG Kikukama a fait savoir qu’au regard du contexte actuel, point n’est question d’organiser précipitamment les élections telles que les réclament certaines sensibilités. Pour cet ancien compagnon de M’zee Kabila, il faut éviter de retomber aux erreurs des cycles électoraux de 2006 et 2011 qui ont été entachés de plusieurs imperfections et provoqués la mort d’hommes. «Les élections organisées vaille que vaille aboutissent toujours à des frustrations. Nous, le M17, avons vécu cela en 2006 et 2011 où nous avons été dépouillés de nos élus. Nous tenons aux élections apaisées, démocratiques et réellement transparentes. Nous devons donner du temps pour avoir des vraies élections afin d’éviter les fraudes électorales et installer une société véritablement démocratique», a indiqué le SG Kikukama.
Guylain LUZAMBA

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