IPR: les fonctionnaires réconciliés avec la Loi, la Coalition au pouvoir assurée de faire gagner 54 milliards CDF au Trésor public

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Gouvernement et banc syndical dégagent des pistes de solution à Bibwa en attendant le deuxième round du dialogue social en avril ponctué par la promesse de relever à 150 dollars le salaire du dernier fonctionnaire

Le gouvernement a réussi un grand coup. Grâce à la collaboration de ses ministres, toutes sensibilités politiques confondues, la Coalition au pouvoir est assurée d’encaisser 54 milliards de francs congolais dans les caisses de l’État fin premier trimestre 2020. Cette bagatelle, soit 18 milliards de francs congolais par mois, proviendra de la retenue de l’IPR sur les salaires des agents et fonctionnaires de l’Administration publique. Preuve que la coalition FCC-CACH peut engranger une série de belles victoires si ses sociétaires décident de travailler la main dans la main. L’UNC Mayo, l’UDPS Eteni Longondo ainsi que les FCC Yolande Ebongo Bosongo, Jacqueline Penge, Deo Nkusu et Félix Momat l’ont expérimenté face aux redoutables syndicats de l’Administration publique.

Les négociations ont été rudes. En dépit de différentes contradictions, le gouvernement et le banc syndical, réunis à la faveur de l’atelier résidentiel organisé à Bibwa du 21 au 25, ont pu se mettre d’accord sur l’essentiel. Outre l’évaluation des engagements sociaux du gouvernement, le rapport final indique le gouvernement, l’Intersyndicale nationale de l’Administration publique -INAP-, le Syndicat national des médecins -SYNAMED- et le Syndicat des médecins du Congo -SYMECO- ont harmonisé leurs vues sur la mise en œuvre et le paiement de l’IPR par les agents et fonctionnaires de l’État.

Jacqueline Penge, ministre près le Premier ministre

Le fonctionnaire d’abord!

Le gouvernement a expliqué le cadre légal instituant l’IPR, les revenus imposables à cet impôt et le taux appliqué. La ministre de la Fonction publique, Yolande Ebongo Bosongo, a fait comprendre aux 130 reprises des fonctionnaires que «leur contribution est nécessaire dans le cadre de l’effort de mobilisation des ressources publiques en vue de permettre au gouvernement de faire face au défi social et de la reconstruction du pays». «Je voudrais vous garantir qu’en prélevant cet impôt, le gouvernement intègre le principe du fonctionnaire d’abord», a indiqué la ministre de la Fonction publique. La part fiscale de l’IPR des fonctionnaires de l’État dans le budget 2020 a été également communiquée.

La ministre de la Fonction publique, Yollande Ebongo

L’affection des Secrétaires généraux de l’Administration publique réclamée

Les syndicats ont, à leur tour, présenté la situation sociale précaire des fonctionnaires avec un salaire inexistant. Ils ont, dans leur plaidoyer, demandé l’éclatement du salaire déjà modique du fonctionnaire pour en dégager la base réellement imposable. Parmi les revendications des syndicalistes figure en bonne place l’affectation des Secrétaires généraux de l’Administration publique. À l’arrivée, les fonctionnaires ont accepté de se réconcilier avec la Loi, le gouvernement de respecter un certain nombre de ses engagements sociaux envers le banc syndical et la paix sociale préservée. Ils se sont accordés pour négocier des ajustements convenables avec l’autorité budgétaire, le Parlement. C’est à quoi va s’atteler le ministre des Relations avec le Parlement, Deo Nkusu. Le protocole d’accord signé par les parties à cet effet prévoit, entre autres, le principe de la retenue de l’IPR sur les salaires des agents et fonctionnaires de l’Administration publique, l’organisation d’un atelier en avril prochain dédié à l’ajustement du barème salarial en distinguant le salaire de base de la prime et autres avantages sociaux. Le gouvernement promet de relever à 150 dollars le salaire du dernier fonctionnaire pour que ce dernier ne ressente pas les effets de la retenue de l’IPR. Bibwa, devenu historique, intègre désormais la gestion participative des relations entre gouvernement et banc syndical. Dans l’assistance, des fonctionnaires ont souhaité que toutes les autres catégories et souches sociales leur emboîtent le pas en vue de renflouer les caisses de l’État. Près de 200 délégués ont pris part à ces assises.

AKM