L’Affaire Ghasby Corp vs SCP-SPK fait débat: 4 questions des Congolais à Ibrahim Ahmad et au Tribunal de commerce de Lubumbashi

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Tribune – À la suite des révélations troublantes de la presse sur la condamnation par le Tribunal de commerce de Lubumbashi, le même, des deux sociétés pétrolières SPC et SPK à 29 millions de dollars au profit de la « fantôme » société Ghasby Corp BVI d’Ibrahim Ahmad Assoui, les inconditionnels de l’homme d’affaires britannique d’origine libanaise ont confectionné une mise au point qui laisse plus des zones d’ombres qu’elle ne donne la lumière. En effet, la fameuse mise au point s’est bornée à justifier la manne financière récoltée, à s’attaquer à la presse qualifiée d’instrumentalisée et à gonfler la taille du personnel employé par l’associé unique et directeur général de Ghasby Corp BVI. Mais les vraies questions que les Congolais et ceux qui se soucient de la santé des affaires et des investissements en République Démocratique du Congo se posent sont restées sans réponses. Il s’agit des quatre questions principales que les Congolais adressent, à travers la presente tribune, à sieur Ibrahim Ahmad et au Tribunal de commerce de Lubumbashi.

Première question

Comment le Tribunal de commerce de Lubumbashi a laissé SPC et SPK comparaître en justice contre Ghasby Corp BVI, une société qui n’a pas d’existence juridique?

Car, en effet, Ghasby Corp BVI a été enregistrée aux Îles Vierges Britanniques en 2007, radiée du Registre de commerce de cet État en 2009 pour insolvabilité fiscale et finalement dissoute de plein droit depuis 2016. Le Tribunal de commerce de Lubumbashi aurait pu stopper l’action en Justice de cette inexistante société, lui demander les preuves de sa reimmatriculation postérieure, comme l’avait souhaité le Guichet unique de Kinshasa/Gombe, avant de lui arroser la manne de 29 millions de dollars.

Deuxième question

Où se trouve le contrat de collaboration ou de partenariat entre Ghasby Corp BVI et SPC-SPK, via la société Puma ou Trafigura, qui donnerait au gérant de Ghasby Corp BVI le droit d’avoir quasiment la moitié du chiffre d’affaires des deux sociétés de distribution pétrolières dans l’ex Grand Katanga? Seules les preuves matérielles devraient calmer les critiques.

Troisième question

Pourquoi le Tribunal de commerce de Lubumbashi s’est entêté en exécutant son jugement, le fameux RU 365, du 20 avril 2019, alors qu’il a été annulé en septembre 2019 par la Cour d’appel de Kalemie et que la Cour de cassation avait demandé la surseance de son exécution?

Quatrième question

Comment le Tribunal de commerce de Lubumbashi peut exécuter dans la précipitation et vendre les biens immobiliers saisis de SPC et SPK 48 heures après, au prix de 5 millions de dollars et que le seul acquéreur des biens saisis ne soit autre que le Directeur général de Ghasby Corp BVI, la partie demanderesse de l’affaire en justice? Même aux yeux des élèves de l’école maternelle, ça donne l’image d’une décision de justice achetée, ou à tout le moins préalablement arrangée. Voilà pourquoi la Cour d’appel de Lubumbashi, déjà saisie sous RUA 185 et RUA186, devrait revisiter ce jugement RU 365 du tristement célèbre Tribunal de commerce de Lubumbashi que d’aucuns appellent déjà « la Chambre Préliminaire de Scandales de Lubumbashi ». Et le Président de République, Félix-Antoine Tshisekedi, qui prône l’amélioration du climat des affaires, doit sanctionner sévèrement tous les magistrats véreux qui ternissent l’image du pays et qui n’auront aucun compte à rendre à la population en 2023. En attendant, des milliers des Congolais et leurs familles souffrent d’une précarité sociale, avec les sociétés aux arrêts, pour le bonheur prolongé de ceux qui ont la puissance financière pour emballer des juges dans la spirale des scandales souvent scrutés avec plus de virulence depuis l’Union Européenne et surtout les USA dont les prochaines sanctions contre les blanchisseurs des capitaux sont attendues le 20 janvier prochain. Déjà sur place à Lubumbashi, la collecte des données sur les graves irrégularités commises par les magistrats du Tribunal de commerce donnent de la nausée et devraient faire frissonner tout investisseur sérieux. Dossier à suivre.

Laurent BATUMIKE

Analyste