Santé

RDC: début timide de vaccination à Kinshasa

La campagne de vaccination contre le Covid-19 a débuté timidement ce 19 avril à Kinshasa. Pour ce premier jour, le ministre de la Santé, des diplomates ainsi qu’un groupe des prioritaires ont reçu leur première dose du vaccin AstraZeneca aux Cliniques Universitaires de Kinshasa. Cette première phase va s’étendre dans les 5 autres provinces les plus touchées: Haut-Katanga, Kongo Central, Lualaba, Nord-Kivu et Sud-Kivu. Un lot de 1,7 million de doses d’Oxford-AstraZeneca est disponible dans le pays depuis le 02 mars 2021 grâce au mécanisme COVAX. D’autres livraisons sont attendues au cours des prochaines semaines dans le cadre d’un effort inédit visant à livrer au moins 2 milliards de doses de vaccins contre la Covid-19 dans le monde d’ici la fin de 2021.

Lançant cette campagne, le ministre Eteni Longondo a insisté sur le caractère «volontaire» de la vaccination qui concerne dans un premier temps les personnes âgées de 55 ans et plus mais également les personnes concernées par les facteurs de comorbidité dont le diabète, l’hypertension artérielle, l’obésité ou toute autre maladie chronique.

Entre doute et théorie de complot

En RD-Congo, cette campagne souffre déjà des préjugés. Dans un pays très croyant, la position du clergé est très suivie. Pourtant, ce sont eux les premiers à dénoncer la vaccination. Il y a quelques mois, une vidéo du professeur Muyembe, «Monsieur Covid» en RD-Congo, avait déjà suscité un débat houleux. Il affirmait dans une séquence tronquée que le pays était prêt à accepter des essais cliniques. Aujourd’hui encore, cette théorie est dans la tête de plusieurs RD-Congolais qui craignent d’être utilisés comme des cobayes.

De leur côté, les églises brandissent plutôt une toute autre thèse. Plusieurs «hommes de Dieu» assimilent la vaccination à la marque de la bête prophétisée dans les textes bibliques. Plusieurs d’entre eux ont appelé leurs «fidèles» à ne pas se faire vacciner. Certains autres ont plutôt préféré se taire sur ce sujet. Aussi, la population a vu d’un très mauvais œil l’absence du Président de la République et du Professeur Muyembe lors du lancement de la campagne. La non-vaccination de ces deux personnalités lors de la journée inaugurale a suffi pour alimenter des suspicions sur la toile. Les «anti-vaccins» ont trouvé là une preuve que la campagne poursuit des objectifs non avoués.

Le vaccin, quel avantage?

Pourtant, le vaccin est actuellement la meilleure solution contre le virus venu de Wuhan. Se faire vacciner est gage de protection non seulement pour soi-même mais également pour ses semblables. Des études ont prouvé que plus le taux de vaccination est élevé dans un lieu, moins les épidémies surviennent. La vaccination permet également de sauver des millions de vie chaque année en plus de contribuer à éliminer des maladies. Approché, Docteur Diwa, médecin basé à Kinshasa, s’est étonné que le vaccin Covid-19 pose problème alors que les parents acceptent la vaccination de leurs bébés pour d’autres pathologies. «C’est une crainte qui ne s’explique pas. Pourquoi on créerait un virus pour ensuite trouver un vaccin pour faire du mal aux gens? C’est une théorie proche de la bêtise», a soutenu ce médecin. Il a ensuite expliqué l’action du vaccin dans l’organisme. «Un vaccin est en réalité un microbe (bactérie, virus) rendu inoffensif ou une sous unité de ce microbe. Cela permet à notre système immunitaire de fabriquer des anticorps pour le neutraliser. En cas d’une exposition au même microbe, notre système immunitaire le reconnaît tout de suite et l’élimine rapidement avant que nous tombions malade et puissions contaminer les autres», a-t-il expliqué.

Aussi, a-t-il ajouté, la vaccination permet de limiter la propagation des virus, particulièrement ceux qui se transmettent d’homme à hommes. Cependant, la vaccination ne signe pas l’arrêt des gestes barrière.

Dandjes LUYILA

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