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Minembwe: Bulambo crache sa colère!

On était habitué à parler de Beni au Nord-Kivu en raison d’Ebola et des massacres à répétition ou de Bunia en Ituri, du fait de la résurgence des tueries des populations locales. Mais fin septembre et début octobre, c’est plutôt Minembwe, une autre contrée sensible de l’Est, située au Sud-Kivu, qui s’attire les phares de l’actualité et s’invite au cœur des débats politiques.

Minembwe a reçu le 28 septembre dernier la visite du Représentant personnel du Secrétaire général de l’ONU en République démocratique du Congo, de l’ambassadeur des États-Unis, des députés nationaux et ministres de la République, transportés par les hélicoptères de la MONUSCO, tous partis assister à l’installation de Gad Mukiza, le nouveau bourgmestre de souche Munyamulenge de la nouvelle commune rurale dont la création jugée suspecte par certains acteurs politiques suscite une vive controverse au pays. L’absence du bourgmestre adjoint Mubembe à cette cérémonie a ravivé la polémique.

Élu du Nord-Kivu, le député national
Muhindo Nzangi Butondo a interpellé le ministre d’État, ministre de la Décentralisation et réformes institutionnelles, Azarias Ruberwa, pour avoir, selon lui, profité de son autorité afin d’imposer l’installation «singulière» de la commune rurale de Minembwe. Son collègue du Sud-Kivu, Jean-Marie Bulambo Kilosho, s’est enflammé dans une vidéo, évoquant une «imposture», «un show» inquiétant alors qu’attendent encore les dossiers Sange, Walungu, etc., agglomérations du même coin également élevées au statut de commune par un décret de l’ancien Premier ministre Matata Ponyo.

Jean-Marie Bulambo a appelé le Président de la République Félix Tshisekedi à s’impliquer pour «arrêter cette mascarade», promettant d’aller devant les cours et tribunaux pour se faire entendre… Jean-Marie Bulambo, très remonté, a donné de la voie pour cracher sa colère après ce qu’il a qualifié de mascarade après l’installation du nouveau bourgmestre de la nouvelle commune rurale de Minembwe.

«L’Est de la RD-Congo est une contrée très sensible. Et quand nous assistons à un show de la nature de celui que nous avons vu à Minembwe, il y a des inquiétudes. Nous sommes des élus du peuple et nous devons tranquilliser notre population», a-t-il déclaré dans une vidéo en circulation sur la toile.

Et de s’indigner de la présence de certaines personnalités politiques à cette manifestation dans ces termes: «On a vu des hélicoptères de la MONUSCO transportant le représentant personnel du Secrétaire général des Nations unies et nous nous posons la question de savoir: il est derrière quelle résolution des Nations unies pour cela? Nous avons vu l’ambassadeur des Etats-Unis à Minembwe. Qu’est-il parti faire là-bas? Quel est son rôle dans tout ça? On a vu le représentant des FARDC au sommet, s’agit-il d’une reddition ou de quelque chose d’autre? On a vu une pléiade de ministres qui y est allé et ce, sans informé à qui que soit de la nature de cette visite ainsi que ses motivations. On a été surpris de voir tout ce monde se retrouver dans ce coin du pays. Accompagnée de quelques députés recrutés ci et là».

Rappelant que cette contrée est très sensible et que le pays y a perdu plus de 10 millions de RD-Congolais à cause des conflits qui y ont élu domicile et dont les plaies n’ont pas encore cicatrisé, Bulambo a condamné le «show» organisé à Minembwe.

Autant de dossiers d’autres communes gelés!

«Si la mutation de Minembwe en commune était avortée, c’est à cause du redimensionnement de cette entité qui a touché les autres territoires, chefferies et groupements. Nous avons vu le décret pris par le Premier ministre Matata créant autant de communes dans la vallée de la Ruzizi tel que Sange et d’autres, ainsi qu’à Mwenga et Shabunda… qui ne sont pas encore installées. Pourquoi avoir seulement choisi Minembwe. Etant natif du coin, j’estime qu’il y a un problème. Et tel que nous avons appris, cette commune rurale prendrait un espace plus grand que le Rwanda, ça étonne tout le monde», a-t-il déploré.

Puis: «Mon village Biralombi, situé à 170 Km de là, se retrouve dans cette commune ainsi que d’autres se retrouvant dans les chefferies de Basile, Wamuzimu… et Walungu, Fizi ne sont pas épargnés. Que recherche-t-on?». Puis encore: «Selon les textes, une commune rurale ne peut aller au-delà de 5 Kilomètres carrés. Ce dont j’ai la certitude, une commune ne peut s’installer là où se trouve une chefferie ou un secteur, car ils ont les mêmes compétences du point de vue des entités décentralisées. Mais cette commune qui va jusqu’à Bilalombi englouti plusieurs groupements dont Daitombwe, Damwenga… en violation de la loi. Et pour quel intérêt cette loi a-t-elle été heurtée. Nous ne resterons pas passifs face à cette imposture, nous irons devant les cours et tribunaux du pays».

Et de conclure: «nous tendons notre regard vers les autorités de la République notamment le Chef de l’Etat pour qu’il arrête cette mascarade. Ce n’est dans l’intérêt de personne. Ce n’est pas normal qu’un groupe d’individus s’enferme dans un coin et boutique une affaire, puis prend tout le monde de court et se pavane en toute liberté. Le Chef de l’État doit intervenir dans ce dossier car il y va de sa crédibilité. Nous ne laisserons pas faire. Une commune peut se créer mais dans le respect des textes. Et il n’y a pas de préférence entre entités de laRD-Congo. Pourquoi seulement eux?».

Tino MABADA

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