Dossier à la UneNationPolitique

La passe d’armes verbale entre Kinshasa et Kigali n’en finit plus : Tshisekedi règle ses comptes à Kagame

Félix Tshisekedi en a marre de Paul Kagame. Le Président RD-congolais a réglé ses comptes à l’homme fort de Kigali, le samedi 3 décembre. Devant 260 délégués de jeunes, Félix Tshisekedi a regretté l’attitude «rétrograde» du dirigeant rwandais qui excelle dans des méthodes datant des années 1960-1970. «L’Afrique est la dernière de la classe au monde à cause des guerres et des divisions. C’est à cause justement des dirigeants comme Paul Kagame. Il s’enorgueillit d’être un faiseur de guerre, un spécialiste dans la guerre. Il en est fier. Moi à sa place, je me cacherai, j’aurai honte d’assumer le fait qu’on sème la mort et la désolation. C’est honteux, je dirai même diabolique», a tempêté le Président RD-congolais, rappelant le thème choisi par l’Union africaine -UA- en 2020: «Faire taire les armes». Bien avant, Félix Tshisekedi a, en bon panafricaniste, fait un distinguo clair entre le peuple rwandais et ses dirigeants despotes. Pour lui, le peuple rwandais a besoin de la solidarité de ses «frères et sœurs» RD-congolais pour débarrasser l’Afrique des tyrans de la trempe de Kagame. «Ne faites pas ça! Ne haïssez pas les étrangers! Ça ne sert à rien de regarder le Rwandais comme un ennemi. Non! C’est le régime rwandais avec Paul Kagame à sa tête qui est l’ennemi de la RD-Congo. Les Rwandais et les Rwandaises sont nos frères et sœurs. D’ailleurs, ils ont besoin de notre aide pour se libérer parce qu’ils sont muselés. Ils n’ont rien à voir avec ce que leurs dirigeants sont en train de leur imposer», a-t-il exhorté.

La passe d’armes verbale entre Kinshasa et Kigali a pris une autre dimension après une déclaration pugnace de Paul Kagame devant le Parlement rwandais, accusant Félix Tshisekedi de «créer une situation d’urgence pour retarder les élections». A cette sortie hasardeuse, Patrick Muyaya a rappelé que Kagame n’avait pas de qualité pour «faire des leçons aux RD-Congolais concernant les élections». Le porte-parole du gouvernement RD-congolais a rappelé le contexte du paysage politique du Rwanda, marqué notamment par le manque de liberté d’expression et de manifestation. «Comment est-il arrivé au pouvoir? Vous vous souvenez du référendum de 2015 où à 99,1% ou 98,1% on a dit oui à une sorte de présidence à vie? En ce qui concerne la démocratie, il est dernier sur la liste», avait conclu Patrick Muyaya.

Au Rwanda, Paul Kagame est arrivé dans le giron du pouvoir à la suite d’un putsch en 1994. Il est alors propulsé vice-président et ministre de la Défense. Depuis 2000, il dirige le Rwanda d’une main de fer avec probabilité de rester au pouvoir potentiellement jusqu’en 2034. Kinshasa accuse son régime d’être derrière les terroristes du M23 qui sèment la terreur dans l’Est du pays depuis plus de 6 mois maintenant.

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page