RDC: Ilunga Ilunkamba crache sa colère

C’est un Ilunga Ilunkamba remonté, très en colère, qui s’est exprimé, via une déclaration signée par son porte-parole, Albert Lieke, à la suite d’une réunion d’urgence tenue samedi 27 juin à la Primature, peu après l’arrestation «brutale et arbitraire» du VPM à la Justice, Célestin Tunda Ya Kasende. Au terme de cette réunion, à laquelle ont pris part tous les vice-Premiers ministres et ministres d’Etat, les membres de l’exécutif, unis autour de leur chef, ont été unanimes dans l’expression de «leur indignation pour l’humiliation subie par leur collègue en violation des règles élémentaires d’un Etat de droit». «L’arrestation du vice-Premier ministre de la Justice et Gardes des sceaux ne repose pas sur des faits infractionnels, ne rencontre pas les conditions de la flagrance, et viole le secret des délibérations du Conseil des ministres», font remarquer Ilunga et son équipe dans leur déclaration du 27 juin. Et d’alerter: «cet incident grave et sans précédent est de nature à fragiliser la stabilité et le fonctionnement harmonieux des institutions, et à provoquer la démission du gouvernement».

Un coup de gueule sans précédent signé Sylvestre Ilunga qui, à l’occasion, a laissé transparaître une personnalité forte de caractère et loin d’admettre le capharnaüm dans un pays où les lois doivent être respectées, Etat de droit oblige. Dans cette attitude, le chef de l’Exécutif a formulé des demandes auprès du Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi dans le seul but d’assurer la protection de ses poulains et de favoriser le bon fonctionnement des institutions du pays. Il a ainsi demandé, de manière solennelle, au Chef de l’Etat de «garantir le bon fonctionnement des institutions, d’assurer le respect de l’Etat de droit, de veiller au respect de toutes les procédures constitutionnelles, légales et réglementaires, notamment les immunités dont sont couverts les membres du gouvernement ainsi qu’à leur sécurité physique et juridique».

Dans le volet des avis émis lors des délibérations au Conseil des ministres, la sollicitation du PM est univoque et repose sur l’article 27 de l’Ordonnance n°20/016 du 27 mars 2020 portant organisation et fonctionnement du gouvernement, modalités de collaboration entre le Président de la République et le gouvernement ainsi qu’entre les membres du gouvernement. En vertu de cet article, «aucun membre du gouvernement ne peut être poursuivi pour des opinions émises lors des délibérations du Conseil des ministres», fait noter Sylvestre Ilunga Ilunkamba, avant de formuler, à l’attention du Président Félix Tshisekedi, la demande de «saisir le Conseil supérieur de la magistrature pour l’ouverture d’une action disciplinaire à charge des magistrats qui ont procédé à l’arrestation arbitraire du vice-Premier ministre, ministre de la Justice et Gardes des sceaux, et ce en vertu des articles 47 et 49 de la loi organique n°06/020 du 10 octobre 2006 portant statut des magistrats».

A l’endroit des policiers et militaires, le PM Ilunkamba a lancé une interpellation pour que leurs agissements se conforment à la Constitution et aux lois de la République. Bien avant le Premier ministre, le PPRD, parti dont est issu Tunda ya Kasende, a lui aussi haussé le ton via son secrétaire permanent Ramazani Shadary, dénonçant le retour à la dictature et se disant prêt à passer de la coalition à la cohabitation.

Laurent OMBA